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celestinmugisho
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16.06.2010
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Matata mponya ,une démission attendu

Publié le 11/12/2012 à 14:21 par celestinmugisho Tags : image centerblog bonne homme article société cadeau carte cadre cadres congo
Matata mponya ,une démission attendu

 

Matata : démission attendue

Mardi, 11 Décembre 2012 11:06



Cela fait plus d’un mois que «CONGONEWS» a fait état, en exclusivité, de la menace du FMI, Fonds monétaire international, à l’endroit d’Augustin Matata Ponyo. Le Premier ministre a vendu des mines congolaises dans l’opacité totale. Au total, quatre contrats signés. Le fonds n’a demandé qu’à se faire présenter ces conventions qui ne sont qu’un bradage pour une marchandise vendue ici à vil prix pour être revendue cinq fois plus chère juste quelque temps après. A défaut d’exhiber les contrats, le FMI prévenait qu’il allait suspendre la coopération. Avec pour conséquence: le gel du PEG II qui fait que la RDCongo se retrouve privée des appuis budgétaires de l’ordre de 240 millions de dollars pour l’exercice 2O13. Matata s’est entêté et le FMI a mis sa menace à exécution. Si «CONGOINEWS» a eu la primeur, «AFRICANEWS» est allé plus loin avec force détails publiés dans son édition du mercredi 5 décembre. Quelle autre fière chandelle rendre au confrère que de reprendre sa une et l’article en question (à la 4 et 5, lire également notre remake à la 6). Matata est donc bien dedans. Au lieu de s’expliquer , le voilà qui crie, le premier, au voleur dans un article commandité dans le quotidien français «LE MONDE» dans lequel la mise en cause se dirige clairement vers Joseph Kabila et les caciques du régime. Kabila est mis au défi de l’envoyer, menotté, à la prison de Makala s’il tient à dégager sa responsabilité.

Piètre politique, le premier ministre Augustin Matata Ponyo Mapon était en sursis à la primature depuis le début de la guerre à l’est de la République, en avril denier. Et même bien avant car son choix avait fortement déplu les cadres de la Majorité présidentielle. Il se maintient à la primature jusqu’à ce jour grâce à sa réputation usurpée de gestionnaire compétent et incorruptible. Or on sait que tout cela est faux. La corruption ne s’est jamais aussi bien portée que sur son règne, notamment dans le secteur minier. Sans compter les marchés publics, où il continue à favoriser son agence le Bceco au détriment de la DGMP (direction générale des marchés publics). L’affaire de la rénovation de la primature est un exemple éloquent de la mauvaise gouvernance de Matata. Le mépris que Matata a pour les organes compétents pour la passation des marchés publics (ARMP et DGMP) au profit du Bceco ne s’explique que pour siphonner les caisses de l’Etat. La seule différence des autres corruptions de la corruption made in Matata, ce qu’elle soft, sournoise et ne profite qu’à lui et à ses proches.
Aujourd’hui, avec l’échec du Programme économique formel du gouvernement avec le Fonds monétaire international (PEG II), c’est un autre mythe de la personnalité de Matata qui vient de s’effondrer. Sa crédibilité économique vient de voler en éclats avec la décision du FMI de suspendre le versement de 240 millions de dollars à cause de la mauvaise gouvernance dans le secteur extractif. L’échec du programme économique formel entre le gouvernement et le Fonds Monétaire International (PEG II), qui expire aujourd’hui le 10 décembre sans les conclusions de trois dernières revues (4ème , 5ème et 6ème ) à cause de la mauvaise gestion des contrats miniers où certaines personnalités proches du pouvoir y ont acquis des droits indus au détriment de la pauvre population rd-congolaise, doit inéluctablement conduire à l’éviction du premier ministre Augustin Matata Ponyo. Le fiasco du PEG II lui est totalement imputable car en une année à la tête du gouvernement, il n’a pas su imprimer à la marche de la République la bonne gouvernance comme il l’avait promis et comme il s’y était engagé devant les institutions de Breton Woods à travers la matrice de gouvernance. La bonne gouvernance s’est avérée, sous Matata, comme un slogan. Une pratique coutumière d’un régime arc-bouté sur les privilèges où la course à l’enrichissement personnel prime sur la recherche de l’intérêt général. Toute la réputation de Matata avait été bâtie sur la bonne gouvernance et la stabilité du cadre macro-économique. C’est grâce à cette réputation qu’il avait pu arracher le strapontin de premier ministre. Pour la petite anecdote, il se raconte que peu avant sa nomination à la Primature, l’ancien ministre des finances, était aller voir Kabila pour lui dire qu’il a la confiance des Institutions de Bretton Woods et donc que c’était lui qui avait le meilleur profil pour le poste de premier ministre. Il a joué la carte Kengo à fonds : celle de la crédibilité auprès des bailleurs de fonds internationaux. Aux institutions de Bretton Woods, Matata leur a dit : j’ai la confiance du chef de l’Etat et partant, je peux mettre en oeuvre toutes les réformes.

Il a fait croire aux uns et autres qu’il avait leur confiance et décrocha donc contre toute attente le poste de premier ministre. La vérité a fini par éclater, Matata n’avait pas, pas plus qu’aujourd’hui, la prétendue confiance des Institutions de Bretton Woods comme il l’avait fait croire à Kabila. Le FMI et la banque mondiale sont des monstres froids qui examinent méticuleusement les dossiers des pays en programme avec eux avant de décerner un satisfecit. Et en ce domaine, par rapport à Matata leur avis est plus que clair. Le FMI lui a délivré un carton rouge avec des conséquences incalculables pour le pays. C’est notamment tout l’équilibre financier du budget 2013 qui est menacé car financé au tiers par les bailleurs de fonds. Si Matata était un homme d’honneur, il aurait démissionné tirant les conséquences de son échec. A la place, il se bat comme un diable dans un bénitier pour conserver son juteux fauteuil. Débâcle militaire à Goma et maintenant débâcle économique, Matata doit out simplement rendre son tablier. L’échec du PEG II était pourtant prévisible car cela fait plusieurs mois que le gouvernement est en difficulté devant le FMI. La 4ème revue n’avait pas aboutie alors qu’elle le devait depuis plusieurs mois déjà. Pareille pour la 5ème et la 6ème. Et donc ce qui devait arriver arriva !

Lundi passé, 02 décembre, le Fonds monétaire international (FMI) a pris une décision lourde des conséquences pour l’avenir économique de la RD-Congo et même politique. Par la bouche d’Oscar Melhado (Représentant Résident du FMI en RDC), le FMI vient de suspendre ses prêts d’un montant de 240 millions de dollars USD à la RDC à cause de la mauvaise gouvernance dans le secteur minier. La RDC a refusé de publier tous les contrats miniers comme elle s’y était engagée lors de la conclusion du programme formel avec le FMI en 2009. Un contrat attire particulièrement l’attention des bailleurs de fonds et de la société civile pour son montage grossier. C’est le contrat Comide acquise récemment par la firme Kazakh ENRC. Il pèse sur ce contrat de forts soupçons d’enrichissement illicite des certaines personnalités proches du pouvoir. Face à cette situation, le FMI a décidé de frapper avec l’annonce de la suspension de ses prêts à la RDC. C’est tout simplement l’aveu de l’échec du programme formel du FMI avec la RDC (PEG II) conclu en 2009 pour une durée de trois 3 ans et qui normalement doit prendre fin le 10 décembre. Dans sa réaction, le gouvernement, tout en déplorant une décision disproportionnée, demande une prolongation de six mois du PEG II pour se conformer aux exigences du FMI de transparence dans le secteur minier. Personne n’est dupe, en demandant cette prolongation, Matata veut aussi et surtout prolonger son bail à la primature. Car on voit mal comment en six mois il va honorer des engagements qu’il n’a pas sus honorer en une année. Où on est premier ministre où on ne l’est pas.

Si Matata est véritablement premier ministre au lieu d’être une marionnette entre les mains du pouvoir, il devait être en mesure de faire publier tous les contrats miniers. Vraisemblablement, dans la gestion du secteur minier c’est une marionnette. Le juteux secteur minier reste la chargée des ultra initiés du pouvoir qui n’entendent pas se laisser dicter leur conduite par qui que ce soit. D’ailleurs à ce sujet, la Banque mondiale déplore la passivité de la société civile. Elle doit être en première ligne pour exiger la transparence du secteur minier. C’était au cours d’un point de presse tenue le vendredi 7 décembre à son siège. Au cours de ce point de presse, le Banque mondiale a déclarée être solidaire de la décision du FMI. Justement, le FMI examine pour sa part la demande de Kinshasa de prolongation du PEG II pour six mois. Il rendra dans les tout prochains jours sa décision. Mais la balle est dans le camp de Kinshasa laisse-t-on entendre au FMI. « Il suffit simplement que Kinshasa publie les contrats miniers incriminés et tout rentrera en ordre » déclare un économiste de la banque mondiale citant un expert du FMI. Selon, la Banque mondiale, l’une des causes de la pauvreté réside dans l’opacité qui entoure les contrats miniers notamment. Mais le gouvernement, pour des raisons évidentes, rechigne à faire toute la lumière sur les contrats signés au nom et pour le compte des rd-congolais.

Allez-y comprendre ! Cette attitude du gouvernement a fortement irrité le FMI qui a l’habitude de voir un gouvernement qui lui tend sans cesse la main pour réduire la pauvreté de sa population mais qui refuse en retour d’appliquer les recettes lui prodiguées par son partenaire pour vaincre la misère. Recettes d’ailleurs convenues de commun accord. Que cache alors le gouvernement en refusant de publier tous les contrats de manière intégrale? Contrats publics de surcroît ! Même les privés ont une obligation de transparence par rapport aux actionnaires. Pour les contrats publics du secteur minier, l’actionnaire c’est le peuple congolais envers qui Matata est redevable. Matata est incapable de montrer aux rd-congolais ce qu’il a signé en son nom. Ou continuité de l’Etat oblige ce que ses prédécesseurs ont pris comme engagement dans le secteur minier. Face à cette fourberie du gouvernement, le FMI a décidé de frapper en suspendant ses prêts.
Cette décision est tombée comme un couperet pour Matata Ponyo dont le principal atout qu’il se prévaut, celui de garant de la stabilité macroéconomique, vient tout simplement de voler en éclats. Le premier ministre Matata Ponyo est plus que jamais sur un siège éjectable. Sa prétendue crédibilité économique et internationale vient de s’effondrer comme un château des cartes. Le FMI vient de lui dire qu’il n’est pas l’homme de la situation pour mettre fin à la corruption dans le secteur minier. Si Matata est un homme d’honneur, il doit tirer les conséquences de cet échec cuisant en démissionnant. Il est entendu ce matin au sénat. Que dira-t-il encore de plus qu’il n’ait dit ? Les limites de sa gouvernance se font de plus en plus voir. Sa démission serait un beau cadeau de noël aux rd-congolais qui voient leurs mines cannibalisées par une clique des prédateurs, avec un premier ministre impuissant d’arrêter cette hémorragie financière. Avec quoi va-t-il guérir les maux de la Nation si les moyens de l’action publique sont confisqués par certains membres de sa famille politique.

Dans la stratégie de la communauté internationale, la RD-Congo a les moyens de réduire sensiblement la pauvreté avec ses ressources internes notamment minières si et seulement si ces ressources sont bien gérées. Ce qui n’est pas le cas. Le fusible de la crédibilité économique ayant sauté, que reste-t-il à Matata pour que Kabila le garde encore comme premier ministre. Rien du tout. Ses jours à la tête du gouvernement sont donc comptés. Le temps d’un casting pour trouver son remplaçant. Déjà dans certains salons feutrés de la capitale des noms de certaines personnalités primaturables circulent. Ce n’est plus qu’une question de jours laisse-t-on entendre dans certains milieux de la majorité présidentielle qui n’ont jamais digéré le choix porté par Kabila sur Matata. Matata. « Il doit rendre le tablier ! » s’exclame un chef de parti. La réalité impitoyable est que Matata en plus ou moins une année de pouvoir n’a pas convaincu du tout. L’épouvantail de l’instabilité macroéconomique qu’il garantissait au pays intuite personnae (par sa personne) n’est plus de mise. Il doit donc débarrasser le plancher !

Les Differents

Publié le 30/12/2011 à 10:16 par celestinmugisho Tags : homme fond enfants dieu congo



La fin de l’année 2011 aura été marquée politiquement en République démocratique du Congo par l’organisation des élections présidentielle et législatives. Les élections qui ont été contestées tant sur le plan intérieur qu’extérieur du pays. A Kinshasa comme dans l’arrière-pays, on a crié au scandale : « Des irrégularités, des fraudes massives ainsi que des bureaux de vote fictifs ont été constatés ». C’est sur fond de ces asymétries que le candidat n°3 Kabila Kabange Joseph a été élu président de la République. Suivi du candidat n°11 Tshisekedi wa Mulumba Etienne. Ce dernier, qui s’était autoproclamé à l’avance élu président de la République - compte tenu, selon lui, de sa popularité présumée à travers le pays - bouda l’élection de Kabila Kabenge Joseph. « Le Raïs a été élu grâce aux fraudes et aux irrégularités qui ont émaillé le vote. C’est lui le véritable élu Président de la République », réclame-t-il :
Face à cette situation de quiproquo, M. Tshisekedi wa Mulumba Etienne décida d’organiser lui aussi une cérémonie de son investiture, à l’instar de celle de M. Kabila Kabange Joseph qui s’est déroulée le 20 décembre 2011 à la cité de l‘Union Africaine.
La prestation de serment de M. Tshisekedi wa Mulumba avait été prévue le vendredi 23 décembre 2011 au stade des Martyrs, dans la commune de Lingwala. Comme il fallait s’y attendre, le lieu a été fortement quadrillé par les forces de l’ordre empêchant son accès tous ceux qui prétendaient venir assister au sacre du président national de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Une telle situation se solde rarement sans heurts, accrochages, brimades et bizuteries entre les manifestants et les forces de l’ordre. C’est ce qui arriva.
La journée ressembla à une ville morte. Finalement, ce que tes autres considèrent comme un « non-événement » se déroula dans la résidence de M. Tshisekedi.
En dépit que les environs de cette résidence soient sévèrement surveillés par les agents de l’ordre.
A en croire les informations nous parvenues du lieu, le président de l’Udps a prêté serment la main gauche sur la Bible et la main droite tenant le drapeau national. Son serment a été dédié à Dieu et au peuple congolais, le souverain primaire qui l’a élu et pour lequel il se consacrera pour son bien-être et sans le trahir.

Dédoublement des institutions ?
Avec ce serment de M. Tshisekedi, on se retrouverait devant deux présidents de la République. Le Rais d’un côté et Tshisekedi de l’autre. Arriverait-on à la logique d’avoir aussi deux parlements, deux gouvernements, doublé représentation diplomatique ?
S’achemine-t-on vers un dédoublement des institutions ? Lesquelles auraient une reconnaissance légale et légitime? Car les politiciens congolais aiment trop débattre sur ces vocables et pourtant l’arbitre est toujours là. C’est-à-dire la Constitution.
D’autres par contre avancent que la RDC se trouverait devant une crise politique et que la thérapeutique devrait aussi être de même. Kabila et son camp, qui ont déjà célébré la victoire, laisseront-ils à Tshisekedi de torpiller leurs actions ? Ce n’est pas évident. Et alors que se passera-t-il entre le Raïs et le gourou de Tshisekedi?

« Etienne Tshisekedi comme Jean-Pierre Bemba Gombo »
Les élections qui se sont déroulées le 28 novembre 2011 à travers la République démocratique du Congo ont beaucoup trop intéressé l’homme de la rue. Le Congolais ordinaire qui subit très péniblement les affres de la gouvernance assez controversée des gouvernants.
Le paysan, le citadin, même celui habitant les périphéries de grandes agglomérations, tous sont sortis massivement pour aller voter. Avec comme motivation:
« Apporter un changement au niveau des dirigeants et de la manière de gérer la chose publique
Cet homme de la rue estime que son vécu quotidien est alarmant et désastreux. « Je mange très mal. Je ne me soigne presque pas. Les enfants ne vont pas à l‘école. L’environnement est trop sale et porteur de pandémies. Les infrastructures de base inexistantes. Les gouvernants moins soucieux des intérêts du peuple. La corruption, l’injustice, le régionalisme, la xénophobie battent leur plein », se lamente ce Congolais qui aurait perdu l’espoir de vivre. Selon lui, seules les élections devraient lui redonner cet espoir. Mais, il se sent déçu de la manière dont le scrutin s’est déroulé. « J’ai l’impression que l’on n’aime pas donner aux Congolais ce qu’ils aiment réellement», a-t-il condamné. Et ce citoyen de la rue de poursuivre : Les élections de 2006 avaient été houleuses. Le sang avait coulé. Des affrontements avaient eu lieu et des contestations avaient émaillé la proclamation des résultats au motif qu’on avait volé la victoire au challenger de Kabila Kabange Joseph qui n’était autre que Bemba Gombo Jean-Pierre. Sous haute surveillance de «l’EUFOR» et de la MONUC, les Congolais s’étaient sentis embrigadés dans une élection tronquée d’avance. Et la suite, on la connaît jusqu’aujourd’hui », s’est rappelé cet homme de la rue qui déplore que cette fois encore: « Le même scénario se serait produit. La CPI a été là comme gendarme. Et les résultats ont de nouveau été contestés. Et beaucoup de Congolais penseraient de nouveau que la victoire leur aurait été volée. Leur candidat «préféré», M. Tshisekedi wa Mulumba Etienne, aurait été court-circuité par le «Raïs». Des contestations, des promesses d’organisation des manifestations de désobéissance civile, d’auto-proclamation comme Président élu de la République … »
Autant de situations qui font dire à l’homme de la rue que le tableau électoral de 2006 n’est pas loin à celui de 2011. Et que Tshisekedi wa Mulumba Etienne serait sur les traces de Bemba Gombo Jean-Pierre.

LA UNE

Publié le 25/05/2011 à 16:22 par celestinmugisho Tags : bonne belle vie mort enfant monde concours afrique éléments

LA UNE

Incidents, affichages en des lieux publics

La CENI tape du point sur la table

Trois jours sur quatre de campagne électorale émaillée d’incidents. De Bukavu à Kinshasa, en passant par Mbuji-Mayi et Kisangani, même constat amer : accrochages entre sympathisants des protagonistes, contre des policiers, suivis de mort d’hommes dont une enfant de 13 ans. Ajouter à cela des affichages en des lieux publics. Juste ce qu’il fallait pour la Ceni de taper du poing sur la table et d’appeler tout le monde au respect de la loi électorale et du Code de bonne conduite. En attendant, c’est mal parti.

Deux interventions énergiques. La première est celle de Jacques Djoli, vice-président de la Ceni, au lendemain des incidents de Mbuji-Mayi qui ont coûté la vie à une fillette de 13 ans. Incidents résultant des accrochages entre les militants de l’Opposition et les éléments de la Police. Le tout serait parti de l’interdiction faite à un parti politique de se manifester en pleine campagne électorale. Une interdiction qui viole la loi électorale. Ce qui a poussé le vice-président de la Ceni à dénoncer ce genre d’attitude tout en demandant aux autorités politico-administratives concernées par la conquête au pouvoir de «démissionner ».

A Bukavu, des affiches et banderoles ont été arrachées, voire volées. Donc, de l’intolérance. Ce qui a fait monter la tension d’un cran. Mais à Kisangani, les adeptes d’un même parti politique se disputaient leur siège, occasionnant ainsi des blessés.

Deuxième intervention : celle du président de la Ceni, pasteur Ngoy Mulunda, lors de l’état des lieux du processus électoral. Il a invité tous les candidats, toutes tendances confondues, à faire preuve de tolérance pour ne pas perturber l’ordre public tout en observant scrupuleusement le Code de bonne conduite auquel ils ont souscrit.

Saisissant cette belle opportunité, il a exigé que toutes les affiches du président en exercice soient enlevées dans les lieux publics pour que la Ceni ne soit pas accusée de favoritisme. Mais que l’on donne les mêmes chances à tous les candidats.

On ne peut que saluer cette intervention énergique de la Ceni à la suite de ces premiers incidents susceptibles de déboucher sur des dérapages significatifs. Mais les observateurs se posent la question de savoir comment cette même Ceni parviendra-t-elle à se faire entendre et se faire respecter.

L’on se rappellera que pendant la période pré-électorale, certains candidats s’étaient permis de se lancer précocement dans la campagne électorale. Affiches à l’appui, ils étaient dans la campagne électorale qui ne disait pas encore son nom.

Réagissant à ce sujet, la Ceni avait invité ces candidats et leurs partis politiques à enlever ces affiches. Faute d’obtempérer endéans dix jours, la loi obligeait la Ceni à solliciter le concours des services spécialisés pour le faire. Rien n’y fit. Les mêmes affiches sont toujours là. Qu’en sera-t-il de cette énième injonction ? Si elle n’est pas respectée et si la Ceni ne se faisait pas obéir, il y aurait violation flagrante, et de la Loi électorale et du Code de bonne conduite tant par les candidats, les partis politiques que la Ceni.

LE 25 NOVEMBRE : TOUT SERA PRET

La journée d’hier a été également marquée par l’état des lieux du processus électoral fait par le président de la Ceni, le pasteur Ngoy Mulunda. Toujours rassurant, il affirme que « tout sera prêt au plus tard le 25 novembre ». C'est dire que le matériel électoral sera déployé d’ici à cette date. Et le 25 novembre, les bureaux de vote seront prêts à accueillir les premiers votants.

Auparavant, le président de la Ceni avait tenu à préciser que le 8 novembre, toutes les urnes seront en RDC et déployées progressivement sur toute l’étendue du pays. Poursuivant sur le même élan d’assurance, il a relevé que la logistique ne pose plus de problème et que le gouvernement s’est acquitté de ses obligations financières.

En ce qui concerne les bulletins de vote pour la présidentielle, l’impression est terminée. Quant à ceux des législatives, le vice-président Jacques Djoli séjourne depuis hier mardi en Afrique du Sud afin de se rendre compte de l’état d’avancement de l’impression.

Des résultats, puisque le comptage sera manuel, le président de la Ceni a fait savoir que le Centre de traitement des résultats n’existe plus, mais bien des Centres locaux de compilation des résultats. Les bureaux de vote seront transformés en Centres de dépouillement et les résultats envoyés à Kinshasa, après approbation par les témoins, pour y être certifiés. Opération qui se fera en présence des présidents de bureaux de vote et des témoins pour éviter des fraudes.

LA LISTE DES TEMOINS

Pour souligner la part de responsabilité des candidats et des partis politiques, le président de la Ceni invite les parties concernées à transmettre les listes de leurs témoins sept jours avant les élections. C'est-à-dire le 21 novembre au plus tard. Question de les valider et de leur octroyer des macarons.

Il les invite également à déployer 2 témoins par bureaux de vote. Si l’on retient que la Ceni a arrêté à 63.865 bureaux de vote, 16.948 centres de vote, il faudrait au bas mot 161.626 témoins. Mais si chaque candidat indépendant - ils sont 537 - s’exécutait ainsi que chaque parti politique, au total 365 ; il faudrait au minimum 57.606.230 témoins, et au maximum 115.212.460 témoins. A chacun de tirer rapidement les premières conclusions.

En attendant, c’est la course contre la montre. La Ceni demande aux candidats à la présidentielle de remplir les fiches ad hoc pour bénéficier de la présence des éléments de polic

 

 

A QUI PROFITE LA CRISE EN COTE D'IVOIRE

A QUI PROFITE LA CRISE EN COTE D'IVOIRE

COTE D'IVOIRE : LES PHOTOS DE L'HORREUR ET LE CRI D'ALARME D'AMNESTY INTERNATIONAL !!!!

16/04/2011 à 14h15 - mis à jour le 16/04/2011 à 18h23 | 4178 vues|
Amnesty a critiqué constamment pendant dix ans ce qu'a fait Laurent Gbagbo. Mais ce qui se passe actuellement est inimaginable! (Amnesty) Amnesty International lance un nouveau cri d'alarme sur la situation des droits de l'homme en Côte d'Ivoire. Interrogé sur RFI, Salvatore Saguès, chercheur en charge de l'Afrique évoque une situation de terreur dans l'ouest et dénonce des pillages et descentes visant tout particulièrement des personnes perçues comme favorables au président déchu Laurent Gbagbo. Le gouvernement Ouattara dément. RFI : Quelle est la situation dans l'ouest de la Côte d'Ivoire ? Salvatore Saguès : Nous avons une délégation sur place qui a visité la zone de Guiglo à Blolequin, à 600 km à l'ouest d'Abidjan. Nos collègues nous ont dit qu'ils ont vu des villages fantômes avec quasiment aucun civil et seulement des hommes en armes. Les civils errent dans la brousse, pour beaucoup d'entre eux, sans nourriture, sans médicaments. C'est vraiment dramatique. Ils n'osent pas rentrer parce que l'Onuci [la force des Nations unies, Ndrl] n'est pas assez présente. Il faut que l'Onuci assure une présence beaucoup plus permanente sur ces lieux pour que les personnes puissent rentrer. RFI : Ils ont quitté leurs villages, il y a peu très trois semaines, lors de l'offensive de FRCI (pro-Ouattara) vers les sud. C'est bien ça ? S.S. : Oui et à la suite de massacres très importants, dont beaucoup d'entre eux ont été faits sur des bases ethniques. Ce sont surtout des membres de l'ethnie guéré qui sont considérés comme proches de Laurent Gbagbo qui ont été(la Suite dans Résistance Akwédo )

EXACTIONS A ABIDJAN 2.jpg FRCI trônant fièrement dans le salon présidentiel à la Résidence de Cocody-Ambassades, où les forces spéciales françaises leur ont livré le président, sa famille et tous ses collaborateurs EXACTIONS A ABIDJAN 5.jpg Presque tous les militaires présents à la résidence de SEM. Laurent Gbagbo ont été abattus de sang-froid par les rebelles. Pourtant, tous avaient retiré les munitions de leurs armes et les ont remises aux soldats français de la Licorne venus capturer le Président de la République. EXACTIONS A ABIDJAN 6.jpg Tous les parents, collaborateurs et amis du couple présidentiel ont été faits prisonniers et sérieusement bastonnés par les FRCI EXACTIONS A ABIDJAN 8.jpg Kuyo Téa Narcisse, en sous-vêtement, est le chef de cabinet du Président de la République. Il a été sérieusement bastonné, de même que le commissaire Monnet de la garde rapprochée du Président Laurent Gbagbo, ensanglanté sur la photo. A côté de lui, à sa gauche en pantalon noir, le ministre de la justice Yanon Yapo. En dehors d'un coup d'Etat, peut-on ainsi traiter les cadres et autorités d'une République?
EXACTIONS A ABIDJAN 9.jpg Le général Dogbo Blé, commandant de la Garde Républicaine, trahi et livré aux FRCI par les forces françaises
EXACTIONS A ABIDJAN 10.jpg Voici le tunnel par lequel les marsouins et légionnaires français sont passés pour avoir accès au domicile du président ivoirien. Ce tunnel a été construit par Félix Houphouët-Boigny et reliait la Résidence présidentielle ivoirienne à l'ambassade de France. Il avait été fermé par SEM. Laurent Gbagbo mais a été dynamité par les artificiers français, le 11 avril 2011. Les forces spéciales françaises ont pu ainsi aisément entrer dans la Résidence présidentielle et capturer le chef de l'Etat ivoirien qu'ils ont ensuite livré aux forces pro-Ouattara. EXACTIONS A ABIDJAN 7.jpg Dans le hall de l'Hôtel du Golf, les soldats pro-Ouattara se défoulent sur les prisonniers, comme ils l'ont fait, au même endroit, sur Monsieur Jean-Jacques Béchio avant son exécution EXACTIONS A ABIDJAN 3.jpg Le monsieur en sang est le commissaire Monnet. C'est le neveu du ministre Léon Emmanuel Monnet. Il faisait partie de la garde rapprochée du président Laurent Gbagbo et on est sans nouvelle de lui depuis. EXACTIONS A ABIDJAN 4.jpg Des civils sans défense tués de sang-froid, malgré la reddition de la maisonnée EXACTIONS A ABIDJAN 11.jpg Camps de concentration des forces pro-Ouattara, des mouroirs en plein coeur d'Abidjan: Des hommes sont détenus dans des stations d'essence depuis bientôt 10 jours. Parmi eux de nombreux adolescents. EXACTIONS A ABIDJAN 12.jpg Les pro-Gbagbo persécutés jusqu'à leur domicile. Vive la réconciliation!
EXACTIONS A ABIDJAN 13.jpg Exécution de civils à Abidjan par les FRCI, les forces pro-Ouattara. Comment va-t-on à la réconciliation avec ça! On dit une chose devant les caméras et on fait tout autre chose dans les rues de nos villes. Vive la pensée unique et vive la Côte d'Ivoire nouvelle, recolonisée et asservie!---------------------------------------------------

ADO ET WATTAO.jpg Par quel exploit parle-t-on de pardon et de réconciliation et continue-t-on à commettre ces actes-là dans mon pays: assassinats, chasse à l'homme et exécutions sommaires? Où est le droit à la différence d'ethnie et de parti, où est la liberté d'opinion? De quelle réconciliation s'agit-il? On ne se réconcilie qu'avec son adversaire ou sa partie adverse. Comment s'y prend-on alors quand cette partie adverse est totalement anéantie comme cela est en train de se produire en Côte d'Ivoire, dans une folie meurtrière incontrôlable, dans le silence le plus absolu, les connivences les plus incompréhensibles et la célébration coupable de ceux qui, hier encore, se faisait les champions de la démocratie, de la liberté d'expression et du droit à la différence, en Côte d'Ivoire et dans le monde - sur leurs chaines mondiales et dans leur presse - devenus aujourd'hui subitement aveugles, sourds et aphones? Vous avez dit dénonciations à double vitesse et humanité à géométrie variable? Gbagbo s'est-il ainsi comporté envers ses adversaires politiques quand ils lui avaient mis un coup d'Etat manqué et une rébellion sur le dos? Ne leur avait-il pas plutôt reconnu un statut d'ancien président et d'ancien premier ministre avec salaire présidentiel, voiture de fonction, escorte de sécurité, gardes de corps (au choix des bénéficiaires), résidence de fonction? N'avait-il pas amnistié tous leurs crimes et nommés leurs hommes de mains dans son gouvernement? N'avait-il pas mis à la tête de ce gouvernement Monsieur Soro Guillaume, chef officiel de la rébellion et ne l'avait-il pas honoré selon son rang? N'avait-il pas promu aux grades militaires supérieurs et payé le rappel de 5 années de salaire à tous les membres de la rébellion en rupture de ban dans l'armée régulière ivoirienne? Leurs journaux n'avaient-ils pas le droit de dire toutes les insanités imaginables sur le Président Gbagbo? Un seul de leurs journalistes a-t-il été incarcéré pour tous les brulots qu'ils nous produisaient à longueur de journée? Un quidam parmi eux a-t-il été empêché de circuler librement ou de dire ce qu'il voulait? Non, et trois fois non! Pourquoi donc oblige-t-on les partisans et proches de Gbagbo à se terrer, aujourd'hui, et à quitter le pays? On peut donc accuser Gbagbo de tout, sauf d'avoir été un dictateur comme veulent nous le laisser croire les tenants du nouveau pouvoir (pas les nouveaux tenants du pouvoir) et leurs parrains français. Cette injustice-là prospèrera-t-elle? L'Histoire nous le dira. Pour notre part, nous faisons dès aujourd'hui le deuil de la démocratie, de la liberté d'opinion et du pluralisme politique, en Côte d'Ivoire. Plutôt que de nous ressasser à longueur de journée qu'on est venu restaurer la démocratie pendant qu'on s'adonne à une chasse à l'homme implacable appuyée de viols, d'assassinats et de pillages de biens publics et privés, autant nous dire en toute honnêteté qu'on instaure désormais la dictature en Côte d'Ivoire. Je pleure le retour dans mon pays de la pensée unique et de l'intolérance politique la plus primaire. Je pleure les morts de mon peuple, tous les Ivoiriens de tous les bords politiques, de toutes les régions et religions, de toutes les obédiences et de toutes les ethnies que l'ambition politique aveugle a précipités dans le séjour des morts. Je pleure ma Côte d'Ivoire déchirée, détruite, méconnaissable que je n'aurais jamais vue sous ce jour, même dans mes pires cauchemars! A-t-on besoin de tout détruire pour changer de régime? Doit-on tout brûler parce qu'on veut le pouvoir? Etait-il nécessaire de détruire le fruit de plusieurs années de dur labeur consenties pour se constituer un patrimoine personnel ou familial, pour monter une entreprise? Aujourd'hui, des milliers d'Ivoiriens ont tout perdu. Jusqu'au sous-vêtement. Sur quoi voudrait-on par la suite règner? Sur un tas d'ossements et une terre brulée, un pays en ruine? La question reste posée. Mais je ne saurais clore mon propos sans déclamer cette vérité biblique: Toute iniquité a une rétribution devant DIEU et toute rétribution a un temps marqué et arrêté par devers DIEU. Pour le temps qu'il nous est donné de vivre ou de régner, faisons gaffe à nos actes, car qui règne par l'épée périra par l'épée, disent les Saintes Ecritures. En attendant que triomphe la justice transcendantale du Créateur, immuable et éauitable, je pleure les larmes de mon corps, je pleure les morts de mon peuple, je pleure les morts de Duékoué, je pleure les morts d'Abidjan, je pleure les morts de ma Côte d'Ivoire défigurée, violée, dénaturée par la folie humaine. Nous avions voulu ceci: GBAGBO ET ADO.jpg Au lieu de quoi, nous avons eu droit à cela: gbagbo_arrete3.jpg Le président Laurent Gbagbo et la Première Dame Simone Ehivet Gbagbo, bastonnés et humiliés VICTIMES DE L'ARMEE FRANçAISE. RESIDENCE DU PR.jpg Les patriotes victimes des bombardements onusiens et de la force française Licorne à la Résidence présidentielle de Cocody-Ambassades CRIME A DUEKOUE.jpg Un enfant victime des forces pro-Ouattara à Duékoué CRIME A DUEKOUE 2.jpg Un innocent enfant tué d'un coup de machette sur le sommet de la tête à Duékoué CRIME A DUEKOUE 3.jpg Le cocotier de la cour de l'Eglise UESSO de Duékoué qui a servi à l'exécution des pro-Gbagbo CRIME A DUEKOUE 4.jpg La maternité de l'Eglise UESSO de Duékoué mitraillée et vidée de son monde. Ici, l'une des chambres. CRIME A DUEKOUE 5.jpg Des rescapés de l'épuration ethnique des forces pro-Ouattara à Duékoué pris en charge par Médecins Sans Frontières CRIME A DUEKOUE 6.jpg Une femme ayant succombé aux blessures à elle infligées à Duékoué par les forces pro-Ouattara CRIME A DUEKOUE 7.jpg Un homme, victime des forces pro-Ouattara à Duékoué, gémissant de douleur sur sa couche, près de sa femme décédée CRIME A DUEKOUE 8.jpg Le genou d'une femme ouvert à la kalachnikov, à Duékoué. Son seul crime: soupçonée d'être pro-Gbagbo parce que d'ethnie Wê CRIME A DUEKOUE 9.jpg Brûlé vif pour son obédience politique (LMP), à Duékoué CRIME A DUEKOUE 10.jpg Passés au bûcher parce que pro-Gbagbo, à Duékoué CRIME A DUEKOUE 11.jpg Le paysage souillé par les cadavres des victimes de l'épuration ethnique perpétrée par les forces pro-Ouattara, à Duékoué massacre-duekoué Une famille Wê anéantie par les rebelles. Bilan final de l'opération anti-Gbagbo à Duékoué, selon le CICR: 1.237 morts. Mais ce ne sont pas les bons morts, ceux pour qui on ameute le monde entier, la terre entière. Ils sont invisibles pour les médias français, peu dignes d'intérêt pour la presse européenne et américaine. Ce ne sont pas des êtres humains, du moment où ils sont des partisans de Gbagbo. On peut les ignorer. Mais il y a une Justice pour tous les hommes et elle triomphera! Un jour. ------------------------------------------------ Que DIEU sauve et bénisse la Côte d'Ivoire!

Lu sur Regards croisés, le blog de Fernand (ICI)

Les élections prochaines de 2011

Publié le 21/05/2011 à 12:47 par celestinmugisho Tags : message musique bienvenue cadres congo

Elections 2011-RD Congo - L'Opposition unie autour de Tshisekedi - Au cours d'une réception organisée dans sa résidence de Limete, le mardi 10 mai 2011, le président national de l'UDPS, Etienne Tshisekedi, a remercié les leaders de l'Opposition congolaise conviés à cette rencontre, pour leur soutien sans faille à son meeting du 24 avril dernier au stade Tata Raphaël. Pour le leader de l'UDPS, cette rencontre qui se voulait le prolongation du succès de la mobilisation du 24 avril à Kinshasa, est une démonstration de l'unité parfaite de l'Opposition politique : « Comme une certaine légende a voulu que l'Opposition soit divisée, c'est une occasion ici, de démontrer le contraire, que nous sommes unis plus que jamais », a-t-il indiqué.

Dans une ambiance de fête, agrémentée par une musique douce des anciens succès, le Sphinx de Limete, accompagné de son épouse et de son directeur de cabinet Albert Moleka, est sorti de sa maison pour saluer tous ses invités, rangés autour de tables décorées pour la circonstance.

Appelé à prononcer son mot de bienvenue, Etienne Tshisekedi entend dans l'effort commun de toute l'Opposition relever les défis qui se posent : « Il y a beaucoup de défis qui nous attendent demain.

Nous allons conjuguer les efforts pour les affronter et les vaincre. Nous sommes heureux de nous entourer des nôtres. Des gens avec qui nous devons cogiter sur la manière dont nous allons collaborer ensemble pour des stratégies communes pouvant nous amener à la victoire ».

Au-delà du fait qu'il s'est réjoui de cette unité observée ayant mis autour de lui près de 80 leaders des partis politiques ou leurs représentants, et des personnalités politiques de l'Opposition autour de lui, Tshisekedi s'en tient à la détermination de tous au regard des échéances électorales: « Des élections qui viennent, il ne peut y sortir que la victoire.

C'est là notre détermination commune, parce que nous sommes là pour l'espoir de tout un peuple. Ne le décevons pas. Nous allons rester uni même face aux tentatives de division. Ne soyons pas dupes. Restons fermes dans notre détermination, qui est la seule attitude pour le bonheur du peuple congolais ».

Son message a-t-il été compris ! La confirmation ne serait pas seulement verbale, mais plutôt en termes pratiques sur le terrain politique, au rythmé de la fièvre électorale. Néanmoins, au nom de tous les invités, notamment le DDC, le G14, le RCDN, le RCD, le RCF, l'UN, l'UNC, le CDC, le CRP, le MPCR, l'ANADER, le FNTC, l'USC, la DTP, l'UMR, La DC, l'UFC et les autres, le député national Gilbert Kiakwama a loué l'initiative pour l'unité franche de l'Opposition. D'autres rencontres, dans d'autres cadres avec le président de l'UDPS, ne pourront que cimenter l'unité voulue au sein de l'Opposition politique.

VIE ET MORT DE LUMUMBA

VIE ET MORT DE LUMUMBA

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Lumumba: un franc-parleur au sang chaud; un indiscipliné politique à la solde des communistes ou un visionnaire téméraire aux accents nationalistes?
Je confronte ce que j'ai oui-dire à ce que je sais maintenant par la lecture de l'histoire.

De l'oralité à l'écrit
Depuis quelques temps, des spéculations se font de plus en plus jour et insistantes non seulement sur la nécessité de redorer la figure de Lumumba mais aussi sur une éventuelle redébaptisation de Kinshasa en l'honneur du héros national. Outre le fait que je perçois cela comme des rumeurs non fondées, je tiens à considérer une telle tentative, si elle devrait jamais se réaliser, pour un retour éhonté vers un mythe qui n'ose pas regarder l'histoire en face.
Après la chute de la dictature, il faudrait bien comprendre le rôle et la figure de Lumumba car le règne de Mobutu a occulté et altéré, à tort d'ailleurs, certains aspects de la réalité historique de notre pays. 32 ans c'est long voire très long au point où le président Clinton, un peu agacé, disait de Mobutu : "Quand j'étais étudiant il était président, quand je suis devenu gouverneur, il était toujours président et quand je suis président il est encore président". Moi je dirais au contraire, "quand Lumumba est mort, je n'étais même pas encore né !" Qu'importe si ce qui fait autorité dans la vérité est passé de l'oralité à l'écrit; de la gérontocratie ou de la génération des cheveux gris à la spécialisation et à la maîtrise scientifique du domaine; de l'arbre à palabre aux débats parlementaire et juridiques, aux forums des média etc. Toutefois l'hiatus entre générations me parait encore et toujours perceptible, c'est-à-dire entre d'une part ceux qui ont connu l'odieuse colonisation et en portent encore parfois des stigmates, ceux qui ont dansé "Indépendance Tsha Tsha", et d'autre part, la génération montante qui n'a eu de cette période qu'un regard lointain des facettes choisies et souvent bigrement maquillées pour le besoin de la cause. En scrutant l'histoire, je trouve qu'il y a deux périodes importantes dans le parcours du héros : avant l'indépendance (le héros) et après l'indépendance (l'indiscipliné).

A. Avant l'indépendance : Le héros

Lumumba est le héros national, ai-je appris à l'école primaire. Sa mort est même parfois considérée comme un martyre au même titre que celle des victimes de la répression du 4 Janvier 1959.

1- La naissance du héros et l'histoire
L'histoire veut que ce soit le passage du général De Gaule à Brazzaville en Août 1958 qui ait fait tilt dans la conscience de cet employé de Postes l'amenant à insister pour le droit des congolais d'accéder, comme les autres peuples, à l'indépendance. Le Général en effet offrait aux congolais français la possibilité de choisir le statut de leur territoire : soit en faire un Etat indépendant et souverain, soit adhérer à la France au titre de territoire d'Outre-Mer. Lumumba, alors basé à Stanleyville (Kisangani), exaspéré par des atermoiements belges sur la question, adresse deux jours après, un Mémorandum au Gouverneur Général Belge au Congo demandant l'indépendance immédiate et l'intégration des leaders africains dans le groupe d'études censé former la Police nationale. Le Postier, qui dirige le Cercle des évolués, fonde en octobre 1958, le Mouvement National Congolais (MNC), premier Parti supra-ethnique, 8 ans après la fondation d'un autre plus tribal, l'Association des Bakongo pour l'Unification, l'expansion et la défense de la langue Kikongo (ABAKO) par Edmond Nzeza-Landu. Lumumba, lui, préconise :
- de préparer les masses et l'élite à assurer les affaires publiques
- de continuer le processus de démocratisation
- d'implanter la déclaration des droits de l'homme
- de sortir du néocolonialisme par la non-violence.

De retour de Accra où il participait à la All-African People's Conference, il tient un rassemblement populaire à Léopoldville cette fois, au cours duquel il déclare que l'indépendance n'est pas un cadeau de la Belgique mais un droit mérité du peuple congolais. Le lendemain, c'est au tour de l'Abako de tenir meeting. Celui-ci sera violemment réprimé créant ainsi des tensions dans la population. Le 8 janvier Kasa-Vubu est arrêté et le 12 l'Abako dissoute. Libéré, il fait un tour en Belgique. De retour, en Mai il ressuscite l'ABAKO qui s'appelle tout simplement l'Alliance des Bakongo.
Le 29 octobre 1959 d'autres Partis nationalistes rejoignent le MNC, notamment : - le Centre du Regroupement africain, - le Parti du Peuple, - l'Union de la jeunesse et, tenez-vous bien, - l'Union nationale du Rwanda.
Mais bientôt des tensions internes secouent le Parti qui se disloque en deux ailes : le MNC-Lumumba et le MNC-Kalonji. Les partis nationalistes dont le MNC en tête décident de boycotter les élections nationales prévues en Juin 1960. Une autre vague de violence explose et Lumumba est rendu responsable. Il est arrêté le 1er Novembre 1959 mais sera relâché afin de participer à la conférence de la Table ronde à Bruxelles en janvier 1960, où sera fixé l'indépendance du Congo pour le 30 juin 1960.
Un mois avant la date de l'indépendance, en Mai 1960, lors des élections nationales, le MNC-Lumumba obtient 33 Sièges, l'ABAKO 12 . Mais lors de la formation du gouvernement, c'est plutôt Kasa-Vubu qui est élu par les deux chambres, avec 159 voix contre 43, au poste de Chef de l'Etat; Lumumba est, avec ses 33 sièges, le Premier ministre. Etait-il déçu ou désillusionné ?
Bref, je retiens de cette période que Lumumba a :
- prôné et réveillé le sentiment national. Son mouvement s'ouvrait à tous, contrairement aux autres qui s'affichaient sans ambages régional ou tribal;
- présenté l'accession à l'indépendance comme un droit dévolu à tous de jouir de la liberté et de déterminer sa destinée;
- souligné la nécessité de rompre avec un passé autrement douloureux pour se prendre en charge en tant qu'adulte.

B. Après l'indépendance : l'indiscipliné

Cela peut paraître osé aux yeux de ceux qui ont fait de lui un mythe, mais laissons parler les faits historiques.
Le jour même de l'indépendance a lieu le premier acte d'indiscipline du premier ministre, ce qu'il convient d'appeler en langage courtois l'incident diplomatique.
1. Après les discours du roi Baudouin et du président Kasa-Vubu, Lumumba surprend le protocole, prend la parole, déplie des papiers soigneusement cachés et c'est l'incendiaire speech. Il se moque tout à la fois du protocole et des règles de préséance. Indiscipline ou héroïsme ? Besoin inavoué de porter à tout prix le chapeau sans doute. Ce que tu souhaitais est là, alors pourquoi cracher l'animosité ? Pauvre Lumumba, les élections ne t'ont pas hissé au poste que tu aurais sans doute voulu occuper; la postérité essaie en vain de te l'assurer ne serait-ce que dans l'imagerie populaire alors que l'histoire te le prive à tout jamais.
2. Et quand la crise née de la Force Publique donne l'occasion à Moise Tshombe et son CONAKAT(Confédération des Associations du Katanga) de passer du simple voeu fédéraliste à une factuelle sécession - le pas était si proche pour tarder à être franchi - Lumumba identifie judicieusement les coupables : les belges. Bravo. Mais on aurait tort de penser que ce sang chaud s'arrêterait là. Le premier ministre déclare la rupture des relations diplomatiques avec la Belgique et demande aux belges de quitter le territoire national dans les 12 heures. Mon pauvre ! Il y a bien quelqu'un au-dessus de toi. Héroïsme ou indiscipline ? Mettez-vous à la place du Chef de l'Etat et encaissez pareilles décisions-surprises de la part de votre premier ministre...
3. Décidément il outrepasse ses prérogatives, constate le Chef de l'Etat.
Le calme ne pourrait être tenu pour un défaut et le respect des règles pour de la faiblesse. Kasa-Vubu sort de son apparente torpeur, signe le 05 Septembre 1960 une ordonnance qui limoge le premier ministre et nomme Joseph Ileo. Mais comme on peut s'en douter, le soir même l'ancien premier ministre annonce à son tour la révocation du chef de l'Etat. A ce stade, j'ignore si la Constitution prévoyait et reconnaissait au premier ministre (ancien) le droit de démettre un chef de l'Etat élu par le parlement.
Mobutu interviendra pour neutraliser les deux politiciens, mais ce n'est pas encore le grand départ en politique de José de Banza (pseudonyme du journaliste Mobutu) ou plutôt si. Le président demande l'aide des casques bleus de l'ONU (première mission du genre dans l'histoire de l'Organisation) alors que l'ancien premier ministre s'adresse, lui, au Ghana qui réagi promptement. Ne s'est-il pas lié d'amitié avec N'Krumah ?
Cela ne semble pas suffire car bientôt il demandera l'aide de la Russie communiste. Mon pauvre! Aujourd'hui c'est un motoculteur que tu aurais reçu et on t'aurait indiqué ton "vrai" métier en lieu et place de toutes ces gesticulations sur la scène politique. Je me demande bien ce que cela aurait donné aujourd'hui que d'avoir embrassé, à cause de toi, le communisme. Ce n'est pas de gaieté de coeur que la Russie et certains autres anciens pays communistes ont dédié des universités à Lumumba.
4. Lors de l'Assemblée Générale des Nations Unies, l'ancien premier ministre envoie une délégation parallèle à celle du bloc Kasa-Vubu - Ileo - Mobutu. L'ONU vote pour cette dernière. Lumumba, ancien premier ministre, perçoit son échec. Tout est perdu, le rêve fini, il faut rentrer dans la ville-berceau de son activité politique : Stanleyville. Pour tenter de nouveau, qui sait. Oui il faut rentrer d'où l'on est parti et où de surcroît le MNC a encore pignon sur rue. Mais le retour en arrière est trop tard. Oui, l'autoroute est faite pour des grandes vitesses. Aux commandes de la machine on peut rouler aussi vite que l'on veut mais il faut savoir décélérer à temps et se ranger du bon côté pour ne pas rater la sortie car la marche arrière n'est jamais autorisée et elle est mortelle. Le retour en arrière sera hélas trop tard car il n'arrivera jamais à destination...

Héroïsme contesté ?

Il est certes de bon ton de se replacer dans l'environnement de gestation et d'éclosion d'une telle volonté d'affirmation. Je relève deux points :
1. Le mérite de Lumumba ne me semble pas résider dans l'exigence de l'indépendance. Ceci était le voeux des belges eux-mêmes qui, sous la pression internationale et devant la vague d'émancipation de ces années-là, s'apprêtaient eux aussi, comme les britanniques et les français, à lâcher bride. Mais confrontés au manque criant des cadres dans les différents secteurs de la vie publique, ils préconisaient un délai "raisonnable" afin de nous y apprêter. Il est vrai que 30 ans de prévu sonnaient à la fois injurieux et fourbe de leur part. Mais.
2. Le mérite de Lumumba en tant que chef de file des "nationalistes" (ce mot me fait toujours peur, encore que certains l'emploient fièrement pour caractériser l'action de Lumumba !) est, je crois, l'exigence de l'indépendance IMMEDIATE. La nuance est de taille. En cela l'héroïsme ne me parait pas aussi évident que l'oralité a coutume d'en broder les exploits, car, non seulement il était déjà question de l'indépendance en milieu belge, mais surtout une telle revendication n'a pas eu l'air de choquer l'administration coloniale. Le dialogue et la tolérance entre belges et évolués congolais existaient. En 1950 fut fondée l'ABAKO. Il y avait une liberté d'expression prélude à la démocratie. En 1957, les congolais ont élu leur premier bourgmestre à la tête de la commune de Dendale, M. Joseph Kasa-Vubu, la zone qui probablement porte son nom.
Sans la liberté d'expression, tous ces Partis politiques fondés par les congolais (MNC, ABAKO PSA; Cercle des évolués...) ainsi que tous ces journaux (la Voix du Congolais, la Croix du Congo...) dans lesquels ils s'exprimaient librement, seraient inexistantes, leurs éditeurs seraient mis en prison et les présidents des Partis seraient relégués dans leurs villages d'origine... Mais tel n'était pas le cas tant et si bien que la revendication de l'indépendance a été perçue comme légitime côté belge.

Dans son discours le roi Baudouin exhortait les congolais à ne pas encore entreprendre des réformes qui pourraient compromettre leur avenir et de ne remplacer l'organisation laissée par les belges que si l'on était sûr et capable de faire mieux. L'héroïsme serait dans l'accélération du processus auquel les circonstances prêtaient déjà le flanc. Il est vrai que pour ceux qui ont reçu de plein fouet l'atrocité de la colonisation belge, l'accession à l'indépendance ait été un Ouf de soulagement et que celui qui s'y est investi de façon décisive soit pris pour un héros, mais la suite des événements ne doit pas être cachée. Parfois l'on entend dire, comme pour justifier ses empiètements dans les prérogatives du chef de l'Etat, qu'il était courageux alors que Kasa-Vubu était mou. Quelle justification !

Débaptiser Kinshasa ?
Pour quelle raison ? La capitale porte déjà un nom du terroir et en outre une telle tentative irait bien à Kisangani d'où est parti son inspiration politique et où son successeur Gizenga avait élu domicile pour perpétuer l'oeuvre du héros.
Qu'est-ce que cela ajouterait à notre identité ? Besoin d'afficher des attaches communistes manquées ou nostalgie envers un homme aux prouesses héroiques contestées ? Déjà avec la "République Démocratique du Congo" on ne s'en accommode que difficilement et ce n'est pas sans raison que la presse internationale et même certains natifs parlent volontiers de "Congo-Zaire" en lieu et place de la RDC. Remarquons que personne ne l'a officiellement suggéré, mais le sens pratique et commun l'impose.
Les débaptisations ne servent à rien si les pratiques dont on veut se départir perdurent. On nous a parlé des panneaux géants dans Kinshasa portant des inscriptions : "Le peuple congolais t'assure de son soutien"; on nous a aussi parlé des chansons révolutionnaires en l'honneur de l'AFDL qui ouvrent des journaux télévisés... J'ai du mal à le croire. Je voudrais me rassurer que cela est faux.
Le besoin du mythe prime sur la réalité historique. Ce n'est pas exagéré de dire que dans certaines régions du pays le nom de Gizenga par exemple rentrait dans l'imaginaire populaire et jouait le rôle d'un mythe kabbalistique pour ne pas dire prophétique. Tel est le cas de Lumumba où la tendance est grande de verser dans le genre épique. On nous dit qu'il a "lutté" pour l'indépendance mais l'on oublie de dire qu'il a été premier ministre et on cherche à occulter ses "exploits" au poste de premier ministre. Laissons parler l'histoire car le héros était un homme.
Jean-Baptiste NDEKE, Germany

Lumumba fut donc le symbole de la lutte anti-coloniale; il fut un symbole pour toute l'Afrique, pas seulement au Congo. Il défendait l'indépendance et la liberté pour l'Afrique. Il fut un panafricaniste convaincu tout comme N'Krumah et Sékou Touré. Ce qu'il voulait pour le futur Congo indépendant :

  • l'unité nationale congolaise (état nation multi-ethnique)
  • le pluralisme politique
  • le panafricanisme : fédéralisation de l'Afrique
  • il fut un anti-impérialiste convaincu
  • partisan d'une économie mixte (entreprises étatiques, entreprises privés, coopératives rurales...)


La Mort de Patrice E. Lumumba

Par Jean Milabu, MD

Patrice E. Lumumba est né le 2 juillet 1925 a Onalua, dans la province du Kasai dans la Republique Democratique du Congo alors Congo Belge.
Il fut le tout "premier" Premier ministre de la République du Congo et d’ailleurs demeure le seul premier ministre elu democratiquement par le Peuple Congolais jusqu’a ce jour.

Le 5 septembre 1960, il sera illegalement demis de ses fonctions par le president Kasa Vubu avec la benediction de l’administration americaine du President Eisenhower. Mais le Parlement congolais elu aussi democratiquement le reconduira dans ses fonctions a la primature.

Avec l’aide de la CIA et la complicite des Forces de L’ONU, notre Heros National sera arrete le 1er decembre 1960 par son soi-disant ami et homme de confiance, le colonel Joseph Mobutu.

Ce dernier le transfera au Katanga chez le seccessioniste Moise Tshombe, "un deal"?

Patrice Lumumba fut assassiné le17 janvier1960 dans des circonstances questionables. Interroge a ce sujet, Tshombe declara qu’il etait abattu lors d’ une tentative d’evasion de la prison d’Elizabethville (Lubumbashi). Moise Tshombe refusa de recevoir et de cooperer avec l’enqueteur de l’ONU, l’ethiopien Iyassu Mengasha, se defendant que la mort de Lumumba etait une affaire purement interne du Katanga.

Mr. Patrice E. Lumumba fut ses etudes dans une ecole des missionnaires protestants a Katatako-Kombe dans la province du Kasai. Apres ses etudes il travailla a Kindu-Port-Empain. A la meme epoque il ecrivait des essais et poemes pour des journaux congolais. Il se deplaca ensuite pour Leopoldville (Kinshasa) ou il travailla comme un clerc a la grande poste. Il fut promu au poste de comptable et mute a Stanleyville (Kisangani) ou il continua a contribuer a la presse congolaise.
En 1955 il fut elu president regional du syndicat independant des travailleurs congolais.
En 1956, il effectua un voyage d’etudes en Belgique sous les auspices du ministere de colonies. A son retour il fut arrete pour detournement d’une somme de $2,500 et condamne a 12 mois de prison, mais la peine fut reduite.

En octobre 1958, il fonda le MNC, le Mouvement National Congolais, le premier parti qui avait un caractere national.
En decembre 1958, il participa a la premiere Conference Pan-Africaine a Accra ou il rencontra d’autres nationalistes comme Kwame Nkrumah, etc...

Le 30 octobre 1959, il sera accuse et arrete d’avoir instigue les emeutes qui resulterent en 30 fatalites.

En janvier 1960, lors de la Conference de la Table Ronde a Bruxelles, les delegues de MNC refuserent de participer aux travaux en l’absence de leur leader Lumumba qui etait toujours en prison au Congo. Lumumba fut libere et pilote a Bruxelles ou il participa a la Table Ronde.

En mai 1960, Lumumba et le MNC remporterent l’election nationale mais “on” essaya de l’empecher de former un gouvernement. Finalement le 23 juin 1960, il forma son gouvernement et le 30 juin le pays acceda a l’independance.

La mort de notre heros national est et restera un topic chaud, une enigme, un complot peut-etre pas comme celui de la mort du president Kennedy, mais un mystere que le Peuple Congolais voudrais bien elucider. Certes la tache sera difficile car les principaux pions et acteurs sont morts. Une enquete officielle parlementaire pourra un jour mettre a reste les circonstances de sa mort. ( Il faudra d’abord avoir un Parlement elu democratiquement et non impose).

Je ne pretends pas etre un temoin oculaire ou specialiste en matiere mais apres une longue et exaustive “litterature search” sur l' internet, je suis tombe sur des articles interessantes et des faits effrayants que j’aimerais partager avec vous.

Lumumba a ete tue avec l'encouragement du president americain Eisenhower qui defendait les interets des grandes puissances financieres de l’Ouest (Morgan et Rockefeller,...).

La CIA mena une covert operation sous l’egide de son directeur Allen Dulles en utilisant des congolais en place: Mobutu, Tshombe, Kalondji, peut-etre Kasa-Vubu et les forces de l’ONU, celles-la memes qui devraient proteger le premier ministre.

En tant que médecin, je suis effrayé et concerné par le fait que la CIA avait depeché au Congo au mois de septembre 1960, un de ses specialistes, le Dr Sidney Gottlieb, avec une arme biologique mortelle (un virus) pour assassiner le premier ministre Lumumba, quelle obsession de tuer ce pauvre Congolais de 35 ans et pere de famille?
Et combien de Congolais allaient etre tues par ce virus?
L’annonce ce mois de la decouverte du virus du sida chez un congolais de 1959 me fait gratter le cerveau, est-ce-t-un autre virus qui fut inocculé au Congo par les puissances etrangeres?

Dieu seul le sait. En 1958-59, le Peuple Congolais reclamait deja son independance, le virus du sida etait peut-etre introduit pour eliminer l’elite congolaise de l’epoque. Il est bizarre que le sang ou tissu de cet individu soit preseveré jusqu’a ce jour, était-il un des guinea-pigs?

Le Peuple Congolais continuera a pleurer et a respecter son heros national pendant que les politiciens utiliseront son nom et sa memoire pour des gains personnels et pour discrediter leurs adversaires.

Mobutu avait essaye de tromper l’opinion congolaise et mondiale en placant sa photo sur un billet de 20k pour cacher ses mains souillees avec le sang de Lumumba.
Le gouvernement de Kabila n’a pas hesite de publier un document implicant le president de l’UDPS dans la mort de Lumumba pour le salir.
Le role de Tshisekedi dans l’assassinat de Lumumba reste a elucider et je soutiens l’appel fait par son epouse pour investiquer cette affaire.
Tshisekedi etant encore vivant il serait juste et souhaitable pour qu’il se defende devant le peuple Congolais pour redorer son blason terni par les accusations du gouvernement Kabila.
A mon avis Kasa-Vubu avait joue un role minime dans l’assassinat de Lumumba car il n’a rien gagne de cette mort . Il n’etait pas tres ambitieux et assoiffe du pouvoir et notre systeme parlementaire et la constitution de l’epoque ne lui permettaient pas de gouverner .
Mobutu, Tshombe et Kalondji avaient beaucoup a gagner et representaient chacun une puissance etrangere (Etats-Unis, Belgique, France, Afrrique du Sud, etc...).

Enfin, Lumumba a ete eliminé parce que l’Occident l’avait accuse d’etre communiste et avait tres peur de lui au point de l’assassiner pour preserver leurs interets dans notre pays , Il est une Victime de la guerre froide et de l’imperialisme.

En soi, Lumumba etait un "Nationaliste" qui mettait le Congo au-dessus de tout. Il etait elu democratiquement et avait l’appui et la confiance du Peuple Congolais.
En Juillet 1960, il s’etait rendu a Washington pour rencontrer le president Eisenhower et demander une aide militaire mais celui-ci lui refusa toute aide et le condamna a mort. Une attitude contraire aux principes americains de liberte et de democratie.
Lumumba n’etait pas un communiste, il etait un chretien protestant qui etudia chez les missionnaires Americains et quand il avait besoin de l’aide, il s’adressa d’abord aux Americains ne se rendant pas compte que la Belgique et les USA etaient membres de l’OTAN et partenaires militairement et economiquement.

Le gouvernement de Kabila se declare lumumbiste mais oublie que Lumumba etait elu democratiquement et cherchait toujours a unir et a regrouper les Congolais dans la gestion de la chose de l’Etat.
Il n’avait jamais executé ses compatriotes. Et il n'était pas un dictateur

La nuit est froide au Katanga, ce 17 janvier 1961. Dans la savane boisée, les phares de voitures de police illuminent une clairière dominée par un grand arbre, en face d'une fosse fraîchement creusée. Quand on l'y amène, l'homme semble pris d'un long frisson.
Pieds nus, vêtu de haillons maculés de sang et le visage tuméfié, il marche avec peine, sans dire un mot, comme hébété. Sur un ordre bref, quatre armes automatiques crachent le feu. Traversé par une énorme rafale, s'écroule, disloqué, Patrice Emery Lumumba, 36 ans, premier Premier ministre de l'ex Congo belge devenu indépendant moins de sept mois plus tôt.

Sur ce drame, le plus cruel de ceux qui marquèrent la décolonisation de l'Afrique, des milliers de pages ont été écrites, des dizaines d'hypothèses formulées, qui s'empressent généralement de rejeter la responsabilité du meurtre sur les haines (d'ailleurs réelles) entre factions congolaises et des « règlements de compte » entre leurs dirigeants respectifs. Las! Pour la première fois aujourd'hui, l'accès aux divers fonds d'archives, tant belges qu'américains et onusiens, vient de permettre au sociologue flamand Ludo De Witte de brosser un tout autre tableau. De son exposé parfois touffu, marqué d'incertitudes de détail mais appuyé sur une documentation accablante, ressort en effet une conclusion irréfutable: l'assassinat de Lumumba est un crime d'État, décidé au plus haut niveau par le pouvoir belge, puis supervisé concrètement par ses propres hommes, avec la bénédiction américaine de la CIA (qui avait pensé un moment s'en charger elle-même) et l'hypocrite complicité de l'appareil des Nations unies. Toute l'affaire se ramenant presque à la chronique d'une mort annoncée, tant apparaissent nombreux les « tueurs » virtuels, le seul problème étant de savoir qui acceptera, finalement, de se salir les mains.
Dès le 30 juin 1960, en vérité, quand l'ex-Congo belge accède à l'indépendance, Patrice Lumumba, son héros, va, dans le moment même de son triomphe, sceller, sans le savoir, son destin. Ce jour-là, au Palais de la Nation de Léopoldville -ancienne résidence du gouverneur général, transformée en siège du nouveau parlement -, Baudouin, roi des Belges, devant un parterre de personnalités, préside à la transmission solennelle de la souveraineté de Bruxelles au nouveau pouvoir congolais. Mais, impudeur ou inconscience, il ne le fait qu'en présentant l'indépendance du Congo comme généreusement octroyée par la Belgique et marquant « l'aboutissement de l'ouvre conçue par le génie du roi Léopold II ». Et d'ajouter dans la foulée, sur un ton paternel: « Ne compromettez pas l'avenir par des réformes hâtives, et ne remplacez pas les organismes que vous remet la Belgique, tant que vous n'êtes pas certain de pouvoir faire mieux. [...] Nous sommes prêts à rester à vos côtés pour vous aider de nos conseils... » Hommage et appel pour le moins incongrus, quand on sait que Léopold Il avait fait de  « l'État libre du Congo » ( sic) sa propriété personnelle, férocement exploitée au prix de ce qu'on a pu comparer à un véritable holocauste.
Prenant la parole après Baudouin, Joseph Kasavubu, nommé six jours plus tôt président de la République, s'abstient poliment de commentaire.

Et c'est alors que l'inattendu arrive. Ajoutant au programme officiel des cérémonies, le président de la Chambre donne la parole au Premier ministre Patrice Lumumba. Et, fort de la légitimité que lui confère sa large victoire aux élections du 25 mai, ce chef charismatique du Mouvement national congolais (MNC) brise aussitôt l'aimable consensus de ce qu'on appellerait aujourd'hui le « politiquement correct ». S'adressant non point au roi, devenu blême, mais aux
« Congolais et Congolaises, combattants de l'indépendance aujourd'hui victorieux », il rappelle ce que fut « l'humiliant esclavage » imposé par ce Léopold II dont Baudouin vient de glorifier le génie: « Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres. Nous avons connu que nos terres furent spoliées au nom de textes prétendument
légaux, qui ne taisaient reconnaître que le droit du plus fort. Nous avons connu que la loi n'était jamais la même selon qu'il s'agissait d'un Blanc ou d'un Noir: accommodante
pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres. [...] Qui oubliera enfin les fusillades où périrent tant de nos frères, les cachots où furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient plus se soumettre au régime d'une justice d'oppression et d'exploitation ? »

Interrompu huit fois par les applaudissements des Congolais présents, Patrice Lumumba est salué finalement par une véritable ovation. Pour les notabilités belges, depuis le roi Baudouin, livide jusqu 'au Premier ministre Gaston Eyskens, en passant par le général Janssens, commandant en chef de la Force publique, dont la lèvre tremble de colère dans un visage cramoisi, l'affront est de ceux qu'on ne pardonne pas.
Pourtant, limitée au verbe, l'insolence serait peut-être restée sans conséquence: il faut bien tolérer parfois, on le sait, que les opprimés se défoulent. Mais Lumumba a un défaut: les actes suivent ses paroles. Le 5 juillet, quand les soldats congolais de la Force publique (créée en 1886 par Léopold II pour maintenir l'ordre colonial) se mutinent contre. leurs officiers belges, il démet le général Janssens, qui s'opposait à toute africanisation des cadres: Victor Lundula le remplace, à la tête d'une . nouvelle Armée nationale congolaise (ANC), dont le colonel Joseph-Désiré Mobutu est nommé chef d'état-major.
Du coup, la Belgique se hâte d'allumer un contre-feu. Moïse Tshombe, son homme de paille, déjà installé par ses soins  et qui s'oppose a toute africanisation de l'armée, proclame en toute illégalité, le 11 Juillet, la sécession de sa riche province qui reste ainsi, pratiquement, aux mains des Belges. Il vaut la peine de rappeler ici que le parti de Tshombe, la Confédération des associations du Katanga (Conakat), dans son manifeste de 1959, non seulement se distinguait de tous les autres partis en s'opposant à l'idée d'un gouvernement congolais, mais invoquait, pour ce faire, une déclaration de Mgr Jean-Félix de Hemptine, évêque du Katanga: « La race noire n'a rien derrière elle. Peuple sans écriture, peuple sans histoire, sans philosophie, sans consistance aucune... » D'où l'objectif de la Conakat : « Veiller à la sauvegarde de la confiance des braves gens venus nous aider à sortir de notre stagnation ».

Le mécanisme qui s'enclenche alors est proprement celui qui va conduire au meurtre de Lumumba. Dès le 13 juillet, l'ambassadeur belge à Léopoldville se met en quête d'un éventuel autre Premier ministre et songe d'abord au ministre des Affaires étrangères, Justin Bomboko, à qui il ne cache pas, télégraphie-t-il à Bruxelles, « notre espoir de le voir à la tête de l'armée ou du pays ». Ajoutant: « Il comprend notre position et déplore les faiblesses de son gouvernement. » L'ONU, pour sa part, en la personne de son secrétaire général Dag Hammarskjold, et tout en accédant à la demande de Lumumba d'un envoi de Casques bleus pour remplacer les troupes belges, refuse de s'opposer à I'« indépendance » du Katanga, dont elle n'ignore pas le caractère. Alors adjoint sur place de Dag Hammarskjold, Ralph Bunche lui a télégraphié le 2l juillet, pour confirmer au début d'août: « Tshombe est une marionnette manoeuvrée par les Belges: il ne prend aucune décision qui ne soit inspirée par les Belges, ne tient aucune réunion officielle sans la présence d'un Belge et, sans les Belges, n'aurait pu accéder au pouvoir. »
Quant aux Américains: le 26 août, Allen Pulles en personne, directeur de la CIA, télégraphie à Lawrence Devlin, l'un de ses agents à Léopoldville :
« Nous avons décidé que l'éloignement [de Lumumba] est notre objectif le plus important et que, dans les circonstances actuelles, il mérite grande priorité dans notre action secrète. » Et Ludo De Witte de préciser que le chef des opérations secrètes de la CIA, Richard Bissell, avouerait par la suite : « La CIA étudia un éventail de méthodes pour se débarrasser de Lumumba, dans le sens de le détruire physiquement, de le mettre hors de combat ou d'éliminer son influence politique. »

Comme il faut bien, toutefois, ménager les transitions, c'est Joseph Kasavubu qui, dans un premier temps, se fait l'instrument du complot. Longuement chapitré par l' ambassadeur des États-Unis, Clare Timberlake, et bien que ses fonctions soient essentiellement protocolaires, il annonce, le 5 septembre, avoir démis de ses fonctions le Premier ministre Lumumba et six autres ministres -mais non Bomboko qui, lui, a contresigné le décret. un petit coup de force qui, en un sens, fait long feu: Lumumba annonce aussitôt qu'il destitue Kasavubu, puis se voit, deux jours plus tard, confirmé dans ses fonctions par la Chambre et le Sénat. Et ceux-ci, le l3 septembre, lui accorderont même les pleins pouvoirs. Bref, Kasavubu, maladroit, « a déclenché son action trop tôt » câble à Bruxelles Marcel Dupret, consul général à Brazzaville, tandis qu'à Léopoldville l'ambassadeur américain Timberlake estime que, devant la Chambre, par son « discours magistral », un « Lumumba en pleine forme a ridiculisé » le président.
Mais la volonté d'éliminer le Premier ministre ne s'en trouve que renforcée. Abandonnant toute fiction de neutralité, l'ONU, par crainte de réactions populaires, garantit sa protection à Kasavubu et à Bomboko. Un Bomboko dont Timberlake, sans pudeur, télégraphie au département d'État qu'il a « l'intention de le laisser temporairement ministre des Affaires étrangères » (sic). Quant à Dag Hammarskjold, dans le télégramme à son adjoint Andrew Cordier (qui vient de remplacer Ralph Bunche) où il entérine le « coup » de Kasavubu, il ajoute ce post-scriptum presque incroyable qui laisse le champ libre, en les « couvrant » par avance, aux initiatives les plus extrêmes : « Puis-je ajouter une remarque irresponsable ? Des personnes responsables sur le terrain peuvent s'autoriser, dans le cadre de principes impérieux, de faire ce que je ne pourrais justifier si je le faisais moi-même : courir le risque de ne pas être accepté quand cela n'a plus aucune importance. »

Les Belges, pour ce qui les concerne, ne sont pas longs à traduire. Le 10 septembre, le ministre des Affaires étrangères, Pierre Wigny, écrit à ses collaborateurs à Brazzaville: « Les autorités constituées ont le devoir de mettre Lumumba hors d'état de nuire. » Il ne précise pas comment. Mais le colonel Louis Marlière, un des personnages clés dans la lutte contre les nationalistes congolais, n'a pas besoin qu'on lui fasse un dessin. Il le fait lui-même, sous la forme d'un « plan Barracuda » visant à faire enlever Lumumba par le commandant Noël Dedeken, ancien chef des commandos de la Force publique.
Étudié au plus haut niveau, avec le concours du major Jules Loos, conseiller militaire du nouveau ministre des Affaires africaines, le comte Harold d'Aspiemont Lynden, et un moment approuvé, ce plan finira par être abandonné à la mi-octobre, peut-être comme trop voyant: mieux vaut se dissimuler, le plus possible, derrière des personnalités congolaises. Or dans l'intervalle, le l4 septembre, Kasavubu a prétendu dissoudre le Parlement congolais. Et le soir même, entrant dans le jeu, le colonel Mobutu procède à son premier coup d'État: il annonce à la radio qu'il « neutralise les politiciens jusqu'au 31 décembre » et remplace le gouvernement par un collège de commissaires présidé par... Justin Bomboko. Autour de Lumumba, le cercle se referme. La CIA, restant à l'arrière-plan, a tout approuvé par avance. Les Nations unies assurent, avec bienveillance, l'appui de leurs Casques bleus. Dans un télégramme du 6 octobre, le comte d' Aspremont Lynden peut écrire sans fard :
« L'objectif principal à poursuivre dans l'intérêt du Congo, du Katanga et de la Belgique est évidemment l'élimination définitive de Lumumba. »
Bien entendu, rien n'indique explicitement qu'il s'agit de tuer. Mais voit on jamais de tels mots dans des messages officiels ? Les nazis eux-mêmes n'y recouraient pas et il faut bien l'avouer: la formule « élimination définitive » a comme une odeur de« solution finale ».

Reste à mener l'affaire à bien en utilisant au maximum des hommes de main congolais. Le 10 octobre, le colonel Mobutu fait encercler la résidence de Lumumba, dont il coupe le téléphone, par un cordon de l'ANC que doublera, en toute collaboration, un cordon de Casques bleus. Le Premier ministre déchu se trouvant ainsi prisonnier et dans l'incapacité de rameuter ses partisans, les Belges annulent le « plan Barracuda », trop compromettant, pour rechercher d'autres méthodes d'« élimination », tout en consolidant le régime sécessionniste du Katanga, base d'une « reconquête » du pays. Dans le même temps, d'ailleurs, ils ont renforcé leur contrôle sur cette « équipe Mobutu » qui, sous l'autorité nominale de Kasavubu, détient le pouvoir de fait à Léopoldville : un de leurs agents, Georges Denis, « conseille » Kasavubu ; André Lahaye, ancien commissaire de la Sûreté nationale, fait de même avec son ex-informateur Victor Nendaka, devenu chef de la Sûreté des mobutistes. Et le colonel Louis Marlière, l'homme de « Barracuda », se charge personnellement de Mobutu, qui avait été jadis son sergent dactylographe.

Le 27 novembre, cependant, Lumumba réussit à s'enfuir, espérant gagner Stanleyville, aux mains des siens. Alors c'est la traque, où tombent les derniers masques. Et d'abord celui de l'ONU qui, deux mois plus tôt, avait assuré sa protection à Kasavubu et Bomboko, mais la refuse aujourd'hui à Lumumba. Car Hammarskjold s'inquiète: son adjoint, Rajeshwar Dayal, qui a remplacé Andrew Cordier, lui a télégraphié d'urgence: « Si Lumumba réussit à atteindre Stanleyville, alors la situation change sur l'heure. » Et le secrétaire général de promettre à l' ambassadeur américain auprès des Nations unies que, dans ce cas, il interposerait des Casques bleus entre Stanleyville et Léopoldville, l'incertaine armée de Mobutu « n ' étant pas capable » de résister à une offensive nationaliste. Mais le fugitif n ' atteindra pas Stanleyville. Freiné par des pluies torrentielles et bien qu'acclamé par ses partisans, il est rattrapé le 1er décembre près de Lodi, dans le Kasaï, par des soldats de Mobutu. Amené à leur base de Mweka, il y est arrêté, entravé et violemment frappé sous les yeux de Casques bleus ghanéens indignés mais qui, sur instruction formelle de leurs supérieurs, s'abstiennent de le libérer.

Bref, l'ONU a pratiquement livré Lumumba à Mobutu, qui le ramène aussitôt à Léopoldville où il est à nouveau sauvagement battu avant d'être transféré le 3 décembre au camp militaire Hardy, de Thysville, au sud de la capitale congolaise. Tout cela sans intervention de l'ONU, alors même qu' à Thysville, nombre de Casques bleus (notamment marocains), protestent contre le traitement infligé au prisonnier. Ce qui fait d'ailleurs craindre à l'onusien Dayal comme au commissaire Lahaye que n'éclatent des soulèvements visant à libérer Lumumba.
D'où la fébrilité avec laquelle les responsables belges -inquiets de la faiblesse des mobutistes, et plus encore de l'offensive, à partir de Stanleyville, des partisans de Lumumba regroupés par Antoine Gizenga étudient le moyen de se débarrasser au plus vite, et « définitivement », de leur dangereux otage. Le 4 janvier, le comte d'Aspremont Lynden, dans un télégramme à Brazzaville destiné à André Lahaye, attire sa « toute spéciale attention sur les conséquences désastreuses [qu'aurait] la libération de Lumumba. Le danger de telle situation, ajoute le ministre, doit être porté avec insistance à la connaissance des commissaires généraux. »

Ses craintes ne sont pas sans fondement. Dans la nuit du 12 au 13 janvier, des mutineries éclatent au camp Hardy et à Sonankalu, l'autre camp militaire de Thysville. Les soldats revendiquent des augmentations de soldes, la formation d'un nouveau gouvernement et la libération de Lumumba. Pour les responsables belges, tandis qu'un vent de panique balaie Léopoldville, il faut désormais agir vite. Mais il n'y a là aucune improvisation: tout juste d'ultimes ajustements à des plans longuement discutés. Depuis deux mois, en effet, une idée a pris corps: celle de remettre Lumumba, loin de la capitale, à des « autorités » congolaises locales qui se chargeraient de le liquider. Une seule incertitude persistera, semble-t-il, jusqu'au dernier moment: faut-il choisir le Katanga, où la haine de Tshombe pour l'ex-Premier ministre n'est pas un mystère, mais qui peut hésiter à se compromettre ? Ou le Sud-Kasaï, où Albert Kalonji, mégalomane qui s ' est proclamé, depuis le 31 mars, « monarque de droit divin », a juré de transformer en vase le crâne de Lumumba ?
De toute évidence, les Belges préfèrent la première solution, n' envisageant de se rabattre sur la seconde qu' en cas de nécessité absolue. Dès le 14 janvier, le colonel Marlière envoie un message-radio au commandant Verdickt, officier de renseignements de la Gendarmerie katangaise, à Élisabethville : « Demande accord du Juif pour recevoir Satan » ( « le Juif » est le mot codé pour Tshombe, « Satan » désignant Lumumba. L'après-midi du même jour, Lahaye revient à la charge: « Le collège des commissaires généraux se permet d'insister afin d'obtenir un accord pour le transfert de Lumumba au Katanga. Sa présence à Hardy risque de provoquer de nouveaux déboires. » Le « Juif » hésite-t-il encore ? Pour achever de le convaincre, le comte d'Aspremont Lynden en personne, par l'intermédiaire d'Henri Créner, consul général de Belgique à Élisabethville, lui fait tenir, le 16 janvier, ce télégramme comminatoire: « Minaf [ministère des Affaires africaines] Aspremont insiste personnellement auprès président Tshombe pour que Lumumba soit transféré au Katanga dans les délais les plus brefs... Prière me tenir au courant. »

Ainsi commence le dernier jour du condamné: soit un calvaire où les responsables belges ne laisseront rien au hasard. Ils ont suscité la chute de Lumumba, permis son arrestation, décidé son « élimination définitive » et organisé, à cette fin, son transfert au Katanga. Ce n'est pas pour s'exposer maintenant au moindre risque d'imprévu. Ils seront
donc présents, vigilants, à chaque station du chemin de croix.
Le 17 janvier, Victor Nendaka, qui a réglé avec Lahaye et Marlière les modalités pratiques de l'opération et couvert dans la nuit les cent cinquante kilomètres qui séparent Léo de Thysville, se présente à 4 h 30 à l'entrée du camp Hardy. Il a choisi d'arriver avant l'aube -et le réveil des militaires -pour éviter des réactions des Casques bleus marocains, qu'on sait favorables à Lumumba. Accompagné de trois soldats dans un convoi de deux voitures, il a déjà avec lui deux prisonniers : Maurice Mpolo, qui fut ministre de la Jeunesse et des Sports, puis brièvement chef d'état-major, et Joseph Okito, vice-président du Sénat congolais. Promptement réveillé dans sa cellule, Patrice Lumumba vient les rejoindre et, à 5 h 30, muni d'une escorte renforcée, le convoi quitte le camp dont le commandant, Louis de Gonzague Bobozo, câble aussitôt à Léopoldville : « Le colis est parti. »

Il faut une heure et demie aux « livreurs » pour gagner par une mauvaise route, à soixante kilomètres, la petite piste en gazon de la compagnie des Ciments du Congo. Une heure plus tard y atterrit un Dragon rapide, appareil léger de la compagnie Air Brousse piloté par le Français Jean Beaumont. Nendaka y prend place avec ses trois prisonniers et ses trois soldats: des Balubas de l'ANC -dont le lieutenant Zuzu, une « brute sanguinaire », écrit Ludo De Witte -, qui commencent à molester les détenus, stoppés seulement par le pilote, qui craint pour la stabilité de son avion. Parti à 8 h 15, celui-ci atterrit à 9 h 30 à l'aéroport de Moanda, petite station balnéaire au bord de l'Atlantique, où il n'y a pas de Casques bleus. Là, depuis 7 heures, attend un DC 4 avec deux passagers -les commissaires mobutistes Ferdinand Kazadi, chargé de la Défense, et Jonas Mukamba plus quatre hommes d'équipage: le commandant de bord, le Belge Piet
Van der Meersch, spécialement choisi par Lahaye et Marlière ; le premier
officier, l'Australien Jack Dixon ; le radio de bord, le Belge Jean-Louis Drugmand ; enfin le mécanicien, le Français Robert Fau.

À 10 heures, le DC 4 décolle pour Élisabethville et, durant tout le trajet, plus de six heures, les trois prisonniers, ligotés, les yeux, les oreilles et la bouche recouverts de ruban adhésif, sont affreusement maltraités sous les yeux impassibles des commissaires mobutistes. Lumumba, notamment, est roué de coups de pieds dans le ventre ; sa barbiche et des touffes de cheveux lui sont arrachés, qu'on le contraint d'avaler; les verres de ses lunettes, écrasées sur son visage tuméfié, le couvrent de coupures sanglantes.
Il est 16 heures quand la tour de contrôle de Luano, l'aéroport d'Élisabethville, signale l'approche de l'avion, qu'on fait tourner en l'air pendant que se tient une réunion chez Godefroid Munongo, le ministre des Affaires intérieures de Tshombe, avec son chef de cabinet Victor Tignée et les conseillers belges du régime. L'un de ceux-ci, le commissaire Frans Verscheure, vrai responsable des services de police, est chargé de coordonner les opérations, tandis qu'un second, le capitaine Julien Gat, chef de la Police militaire d'Élisabethville, s'occupera plus spécialement des prisonniers. De toute façon, dans la gendarmerie katangaise comme dans la police militaire, ce sont les officiers belges qui « exercent le commandement effectif pour tout ce qui sort de la routine ». Ainsi est-il décidé, provisoirement, d'amener les prisonniers dans la maison, encore inoccupée, d'un colon belge, Lucien Brouwez, que le commissaire Verscheure s'occupe incontinent de réquisitionner.
Le DC 4, à 16 h 50, peut donc atterrir. « Du sang à la commissure des lèvres, le visage tuméfié, abrutis, prostrés, plus morts que vifs » -au dire d'un témoin, le major Guy Weber, du « Bureau-conseil » de Tshombe -les prisonniers sont traînés, frappés à coups de crosse, puis jetés « comme des sacs » dans une jeep où les soldats les piétinent. À deux cents mètres de là, le sous-officier suédois Lindgren, qui commande les six soldats
d'un poste de garde de l'ONU, observe la scène à la jumelle : mais son chef, le NéoZélandais Jan Berendsen, averti, ne juge pas bon d'intervenir.

A 17 h 30, les trois martyrs sont donc enfermés à la « Maison Brouwez » sous la conduite de six ou sept policiers militaires katangais et de six Belges, dont le commissaire Verscheure, le capitaine Gat et le lieutenant Claude Grandelet, de la police militaire d'Élisabethville, qui a reçu d'un de ses chefs, le lieutenant Gabriel Michels, une consigne formelle: « Si des troupes suédoises ou marocaines de l'ONU devaient arriver, il y a ordre de tirer à vue sur les soldats de l'ONU... En cas de désastre, il faut plutôt tuer Patrice Lumumba que de le voir libéré par l'ONU ! »
Un tel « désastre » ne se produira pas. Entre 17 h 30 et 19 heures, ce ne sont pas d'importuns Casques bleus qui frappent à la porte de la Maison Brouwez, mais les ministres katangais Godefroid Munongo, Jean-Baptiste Kibwe et Gabriel Kitenge, enfin Moïse Tshombe lui-même. Et ils ne se bornent pas à frapper à la porte mais, eux aussi, de concert avec les soldats, sur les prisonniers que Verscheure décrira « ficelés comme des saucisses, la figure gonflée à la suite des coups reçus, inertes et muets ».

Le meurtre est dans l'air. II n'a cessé de l'être depuis le début de cette journée tragique: inévitable conclusion de ce crescendo de violence. Peut-il alors se demander qui a décidé, concrètement, d'en finir le soir même ? Ludo De Witte, qui pose la question, cite des participants qui se renvoient la responsabilité les uns sur les autres, évoque les beuveries des ministres katangais comme les faux-fuyants des conseillers belges et pense que la décision a été prise vers 21 heures chez Tshombe, de concert avec le commissaire Prans Verscheure. Et, de fait, c'est Verscheure qui, de ce moment, prend les choses en mains. Revenu à la Maison Brouwez, il annonce au capitaine Gat que les prisonniers « ont été condamnés à mort par le gouvernement katangais » (sic), lui indique le lieu de l'exécution et lui demande de mobiliser une escorte de militaires sûrs, après que des policiers auront creusé les tombes destinées aux suppliciés.

Les deux Belges sont des organisateurs efficaces. À 22 heures, à la Maison Brouwez, se forme un convoi composé de quatre voitures américaines et de deux jeeps. Dans les trois premières prennent place Tshombe, ses ministres Munongo, Kitenge et Kibwe, plus le chef de la police Pius Sapwe, dont Verscheure est officiellement le « conseiller ». Dans la quatrième, conduite par Verscheure lui-même, il y a le capitaine Gat et, sur le siège arrière, les trois prisonniers, menottes aux poignets. Dans les deux jeeps se trouvent quatre officiers katangais de la police et cinq policiers militaires.
Il est 22 h 45 quand le cortège arrive, à cinquante kilomètres de là, dans une région marécageuse bordée d'une savane boisée dont une clairière est déjà illuminée par les phares des premières voitures de police. Huit militaires et neuf policiers ont été sélectionnés pour l'exécution. Profonde d'un mètre cinquante, une fosse de deux mètres sur trois a été facilement creusée dans le sol meuble. Descendant l'un des premiers, le capitaine Gat échange quelques mots avec les ministres katangais qui se regroupent à quelques mètres de la route. Les prisonniers sont alors sortis de la voiture. Verscheure leur enlève les menottes et Lumumba, qu'il fait marcher devant lui, demande: « On va nous tuer, n'est-ce pas ? »
« Oui », répond le commissaire. Selon Gat, on offre aux condamnés « le temps de se préparer, de dire leurs prières », ce que refuse Lumumba. Verscheure prend alors Joseph Okito par le bras et l'amène au pied d'un grand arbre, face aux deux militaires et deux policiers du premier peloton d'exécution, armés de fusils PAL et de stenguns Vigneron. Une rafale, et le vice-président du Sénat tombe mort, son corps aussitôt jeté dans la fosse. Le commissaire fait de même avec Maurice Mpolo, devant un deuxième peloton dont la rafale, comme celle du premier, est déclenchée par le capitaine Gat. Vient alors Lumumba qui tressaille, « muet, complètement hébété, les yeux voilés, sans opposer aucune résistance ». À son tour il est fauché par la mitraille et jeté dans la fosse.
Toute l'opération a pris à peine quinze minutes. Quatre jours plus tard, deux Belges seront envoyés sur les lieux pour déterrer les corps, les découper à la scie à métaux, broyer les crânes et jeter le tout dans un grand fût d'acide sulfurique.

À Bruxelles, le 14 février, devant la Chambre belge, le ministre des Affaires étrangères Pierre Wigny déclarera: « Le gouvernement belge a été entièrement étranger à l'arrestation, au transfert, au traitement et au sort final de M. Lumumba. J'ai appris par la presse le transfert de M. Lumumba, tout comme vous, et le premier souci que j'ai eu, parallèlement à celui de M. d'Aspremont Lynden, a été de demander à notre consul général là bas de faire immédiatement les démarches pour que ce pisonnier politique soit traité avec l'humanité à laquelle a droit tout prisonnier»

la crise en cote d'ivoire

Publié le 29/12/2010 à 09:03 par celestinmugisho Tags : chez france article afrique

la crise en Cote d'Ivoire

Les trois présidents mandatés par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), Boni Yayi (Bénin), Pedro Pires (Cap Vert) et Ernest Koroma (Sierra Leone) doivent essayer ce mardi de trouver une issue pacifique à la crise qui paralyse la Côte d'Ivoire depuis le second tour de l'élection présidentielle. L'organisation sous-régionale s'est déjà prononcée pour un départ du président sortant Laurent Gbagbo, en menaçant d'intervenir militairement.

Heures locales et GMT. Ajouter une heure pour connaître l'heure parisienne.

23h57 : [Baudelaire Mieu, à Abidjan] Les émissaires de la Cedeao ont essuyé un nouvel échec. Rencontrant Gbagbo une deuxieme fois, il leur a dit en substance :  je vous remercie et je vous attends à nouveau. Les chefs d'Etat de la Cedeao sont allés récuperer leurs affaires au Pullman pour se rendre à Abuja afin de rendre compte de leur mission au président de la Cedeao, Goodluck Jonathan.

21H19 : [Baudelaire Mieu, à Abidjan] Après deux heures d'entretien avec Alassanne Ouattara, les chefs d'Etat de la Cedeao sont repartis au palais présidentiel pour faire part de la proposition de celui-ci à Laurent Gbagbo : quitter le pouvoir en échange d'un rôle de premier plan dans une institution internationale et d'une immunité par rapport aux exactions commises en Côte d'Ivoire. Ouattara, qui a été félicité par Boni Yayi et Ernest Koroma pour son élection, ne veut pas qu'il y ait deux messages à la nation le 31 décembre. Pedro Pires, quant à lui, reprend l'argumentaire de Gbagbo en soulignant la nécessité d'une solution diplomatique à la crise ivoirienne. Mais c'est un dialogue de sourd : Gbagbo refuse jusqu'à présent de quitter le fauteuil présidentiel. Les trois émissaires de la Cedeao doivent désormais s'envoler pour Abuja, afin de rendre compte à Goodluck Jonathan de la réponse de Gbagbo.

18H45 : [ONUCI] Dans un communiqué, l'Organisation des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) confirme l'attaque d'un de ses convois à Yopougon (voir information à 15H40). Ses trois véhicules, transportant « 22 casques bleus » ont été « encerclé[s] par une foule nombreuse ». Un de ses soldats a été blessé au bras avec une machette et un véhicule a été incendié.

Les casques bleus ont pu se dégager « Grâce à l’intervention du chef d’état-major général des Forces de défense et de sécurité, le Général Philippe Mangou » précise le communiqué.

18H00 : [Baudelaire Mieu, à Abidjan] L’Article/ARTJAWEB20101227112530/france-angola-benin-sierra-leoneouattara-lance-un-appel-peu-suivi-a-la-greve-generale-pour-chasser-gbagbo-du-pouvoir.html" target="_blank">appel à la grève du camp Ouattara, peu suivi lundi à Abidjan, l'a été d'avantage mardi. Le mouvement a pris de l’ampleur, notamment chez les taxis, paralysant tout le nord de la ville, favorable au président élu d’après la communauté internationale.

Par ailleurs, les quartiers d’Abobo et Adjamé (fiefs de Ouattara) étaient évités par les bus de la compagnie d’État Sotra pour éviter la casse.

17H10 : [Baudelaire Mieu, à Abidjan] Les chefs d’États mandatés par la Cedeao sont entrés à l’hôtel du Golf, où ils doivent rencontrer Alassane Ouattara.

À cette occasion, pour la première fois depuis le début du blocus de l’établissement à la mi-décembre, ce dernier a été partiellement levé pour permettre le passage des journalistes.

Jusqu’à maintenant, ceux-ci devaient être héliportés par les forces de l’Onuci pour y accéder.

17H00 : [AFP] Charles Blé Goudé confirme le report de son grand rassemblement prévu mercredi à Abidjan. « Il y a report pour donner une chance à la diplomatie en marche » a-t-il déclaré, craignant « des infiltrations d'individus armés d'armes blanches » qui pourraient se mêler au rassemblement afin de provoquer des incidents. « Je ne veux pas donner à nos adversaires l'occasion de réussir leur guerre civile » a-t-il ajouté.

16H45 : [Baudelaire Mieu, à Abidjan] Après environ deux heures d’entretien avec Laurent Gbagbo, les chefs d’État mandatés par la Cedeao ont quitté le palais présidentiel du Plateau sans faire de déclaration.

Comme depuis leur arrivée à Abidjan, ils ont été escortés par les forces de l’ordre fidèles à Laurent Gbagbo jusqu’à l’hôtel Pullman, avant de faire demi-tour. Les casques bleus de l’Onuci ont alors pris le relai pour les conduire à l’hôtel du Golf, où ils doivent rencontrer Alassane Ouattara.

16H05 : [Baudelaire Mieu, à Abidjan] Selon des proches de Charles Blé Goudé, le ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo, ce dernier devrait annoncer prochainement le report du grand rassemblement prévu à Abidjan mercredi afin de « donner une chance à la diplomatie ».

Cette initiative du « général de la jeunesse » pro-Gbagbo devait donner lieu à une démonstration de force en faveur du président sortant sur la place de la République, au cours de laquelle il comptait réclamer à nouveau le départ des « forces impartiales » (soldats français de Licorne et casques bleus de l’ONU) de Côte d’Ivoire.

Près de deux heures après avoir débuté, la rencontre entre Laurent Gbagbo et les chefs d’États de la sous-région mandatés par la Cedeao n’était toujours pas terminée.

Par ailleurs, les dirigeants de mission de l'ONU en Côte d'Ivoire ont eu des contacts téléphoniques avec le siège de l'organisation à New-York depuis l'hôtel Pullman.

15H40 : [Jeuneafrique.com] Selon une source diplomatique, deux casques bleus Bangladais de l'Onuci ont été blessés dans des heurts avec des partisans de Laurent Gbagbo dans son fief abidjanais de Yopougon, alors que la mission des chefs d'États mandatés par la Cedeao est en cours. Leur véhicule aurait été incendié. Cette source n'était pas en mesure de révéler l'identité (civils ou militaires) des assaillants.

15H30 : [AFP] 19 120 Ivoiriens se sont réfugiés au Libéria pour échapper aux violences électorales depuis le début de la crise selon une nouvelle estimation de l'ONU. Ce chiffre est en hausse de 5 000 personnes depuis samed

Dieu Ecarte nous de ce qui ce passe en cote d'Ivoire

 

« <a class=Dieu préviens les Congolais de ce qui ce passe" width="451" height="89" />

Samedi 18 décembre 2010 pp 56 + 57
Le candidat présidentiel Vital Kamerhe commence sa lutte contre Joseph Kabila.
Le Congo est un paradis, mais nous l’avons transforme en un enfer!
Cette semaine l’ancien populaire président du parlement Vital Kamerhe
s’est posé officiellement candidat à la présidence congolaise. La
possibilité que l’ancien confident et dirigeant de campagne de
l’actuel président Joseph Kabila dans une année peut s’appeler chef
d’état est réelle. A condition qu’il survivra la campagne dans un
Kinshasa très tendu. << Si j’ai le choix, je préfère mourir pour une
cause noble. Si je meurs pour mon pays, mon nom restera connu et
nombreux seront ceux qui sauront que je voulais lutter pour mon
people>>
Article écrit par Koen Vidal . Les photos sont de Tim Dirven.
Bruxelles, fin du mois de novembre, Vital Kamerhe nous attend au coin
de la rue des Carmélites et de la rue de Namur.  Les piétons nous
passent de façon indifférente. Car rien ne fait penser à ce que cet
homme dans une année puisse bien être le nouveau président du Congo.
Tres bien habillé, c’est vrai. Mais pas de gardes de corps, pas un
entourage arrogant et pas de voiture de service. <<Mon hôtel n’est pas
loin du cinquantenaire>>, me dit-il. << Je peux me mettre dans votre
voiture? >> Dans la voiture Kamerhe me raconte que dans 2 à 3 semaines
il déposera officiellement sa candidature à la présidence. “Mais je
reste encore discret pendant un peu de temps. Toutefois ma décision
est définitive. Rien ne va plus. Je veux foncer” Une demi-heure plus
tard Kamerhe utilise ses charmes auprès d’une serveuse d’un restaurant
italien à la place Schumann. <<Il y a trop de choix sur la carte,
mademoiselle. Je suis votre suggestion. Je vous fais confiance>>. Le
magnétophone s’allume. Kamerhe n’a pas besoin d’une question
d’ouverture. C’est lui-même qui la pose. <<Sans aucun doute vous vous
posez la question pourquoi Vital Kamerhe, l’homme qui a aidé Kabila à
venir au pouvoir en 2006, maintenant crée son propre parti et
participe aux élections présidentielles>>.
Koen Vidal :
En effet, c’est la question que j’aurais voulu poser. Pendant quelques
années vous n’étiez pas uniquement confident du président Kabila, mais
aussi son dirigeant de campagne et son collectionneur de fonds.
Pourquoi vous avez rompu avec lui?
Vital Kamerhe :
Joseph Kabila et moi nous avons deux différences de vue fondamentales.
D’abord notre vision sur ce qu’est le pouvoir est complètement
différent. Quand pour les dernières élections nous avons mené campagne
ensemble, j’étais convaincu que nous étions d’accord sur notre but
ultime: conquérir le pouvoir pour servir le peuple. Mais vite il est
devenu clair que Kabila et beaucoup d’autres dirigeants du parti
présidentiel utilisaient leur pouvoir d’abord pour s’enrichir
eux-mêmes. Ils commençaient à faire la même chose que feu Mobutu. Et
peut-être pire.
Et tant que président de la Chambre j’essayais de mettre fin à tout
cela et le parlement réussissait à fonctionner de façon de plus en
plus démocratique. Aussi bien la majorité que l’opposition pouvait
s’exprimer librement. Des parlementaires interpellaient des ministres
et faisaient des recommandations. Malheureusement le gouvernement et
la justice ignoraient tous les conseils qu’on voulait donner. Les
institutions congolaises commençaient à travailler à des vitesses
différentes : le parlement avançait, mais le gouvernement et la
justice restaient enfermés dans le passé. Et alors il y a eu le très
grand conflit entre moi et le président sur l’accord secret entre le
Congo, le Rwanda et l’Ouganda pour mener des actions militaires
communes dans l’Est du Congo. Dans cette affaire le parlement avait
été complètement ignoré. Une violation flagrante de la constitution.
Et quand j’ai dénoncé cette affaire publiquement, Kabila a fait une
pression énorme sur moi pour que je donne ma démission.
Koen Vidal :
La rupture avec Kabila est-elle définitive?
Vital Kamerhe :
En politique rien n’est définitif. Mais la rupture est un fait. Si le
parti présidentiel est prêt à changer, peut-être, dans 15 à 20 ans
nous pourrons travailler à nouveau ensemble. Et si un jour ils se
rendent compte que moi j’avais choisi la bonne voie, alors ils
pourront toujours me rejoindre.
Koen Vidal :
Mais les prochaines années nous ne devons pas nous attendre à un rapprochement?
Vital Kamerhe :
Impossible. Pour cela le bilan Kabila est trop catastrophique. Les
différences sont trop fondamentales.
Koen Vidal :
Quelle est la différence entre vous et le présidant actuel Kabila?
Quel est votre atout par rapport à Kabila?
Vital Kamerhe :
Tout abord, moi j’ai une vision pour le Congo. Je veux démontrer que
mon pays a un rôle à jouer : pas seulement pour les Congolais, pas
seulement pour l’Afrique, mais pour le monde entier. Un des exemples
que m’inspire le plus est l’ancien président brésilien Lula da Silva.
Entre le Congo et le Brésil il y a beaucoup de différences, mais il y
a aussi quelques ressemblances qui sautent aux jeux. Ce sont deux
grands pays avec beaucoup de matières premières et une forêt humide
immense. A l’instar du Brésil d’avant Lula, le Congo actuel est menacé
par toute une série de forces politiques négatives. Mais mon pays a
aussi la potentialité pour résoudre quelques problèmes mondiaux. Il ne
faut pas uniquement voir le Congo comme un drame. Il faut oser
renverser l’image actuelle et oser regarder les atouts du pays. Prenez
l’exemple du problème du réchauffement de la planète. Apres le Brésil
le Congo a la deuxième forêt humide du monde; un des poumons les plus
importants et nécessaires de la terre. Mais si nous voulons continuer
à jouir de cette forêt tropicale, évidement nous devons prendre soin à
ce qu’elle ne soit pas détruite. Pour cela il faut avoir de la
volonté politique. Encore un autre défi : dans le monde entier à
l’heure actuelle un milliard de personnes sont sous-alimentées. Les
statistiques du FAO, l’organisation de l’ONU pour l’agriculture,
montrent que le Congo dispose d’autant de terres agricoles que la
Chine  : 120 milliard d’hectares. Le même FAO a calculé que le Congo -
qui à peine a 70 millions d’habitants- est en mesure de nourrir deux
milliards de personnes. En d’autres termes : si nous prenons les
bonnes décisions, nous sommes capables de libérer la planète de le
faim. Mais maintenant nous ne réussissons même pas à nourrir notre
propre population. Quel paradoxe!
Koen Vidal :
Un autre grand problème est celui du vol des matières premières.
L’homme moyen congolais à ce moment-ci ne profite pas des bénéfices de
l’exploitation des matières premières. Comment allez-vous résoudre
cela ?
Vital Kamerhe :
Cela aussi nous devons le considérer comme une chance. Avec
l’industrialisation de pays comme la Chine , l’Inde et le Brésil, il y
a une très grande demande de plusieurs matières premières. Dans le sol
congolais il y a au moins 110 différentes sortes de minerais. Mais
c’est vrai, à l’heure actuelle cela en effet ne profite en rien aux
congolais. Notre proposition: chacun qui veut disposer de nos matières
premières, devra construire des usines pour travailler avec ces
richesses. Ces transferts de technologie ne créent pas uniquement de
l’emploi, mais engendreront aussi une situation dans laquelle nous
pourrons exporter ces matières premières, mais alors transformées, à
un prix plus élevé. A l’heure actuelle nous nous trouvons dans une
situation très bizarre : nous vendons nos matières premières pour une
bagatelle à la Chine qui les transforme en produits finis que, alors,
nous devons acheter à un prix qui est quatre fois plus élevé.
Koen vidal :
Vos idées sont magnifiques, mais comment entendez-vous les réaliser ?
L’Etat congolais maintenant est très affaibli et paralysé par la
corruption.
Vital Kamerhe :
Vous avez raison. La vision ne suffit pas. Il faut avoir aussi un Etat
de droit : une armée qui se met à la disposition du peuple et de la
protection du territoire, une force de police professionnelle, une
justice honnête, une diplomatie ferme ; bref une administration
publique saine. Si nous n’arrivons pas à développer des mécanismes
contre la corruption, au Congo rien ne changera. Dans ce contexte nous
pouvons trouver de l’inspiration dans des pays comme la suède, le
Botswana et la Namibie , où des organes forts ont été créés pour
combattre la corruption.
Koen Vidal :
Mais quelles sont les premières démarches que vous voulez entreprendre
pour domestiquer ce monstre de la corruption ?
Vital Kamerhe :
D’abord il incombe au président de montrer le bon exemple. Le chef
doit incarner ce changement. Il doit être clean et veiller à ce que
sur le plan des finances les bons choix soit faits. Cela commence déjà
très tôt : lors de la composition de son équipe. Il a besoin de
personnalités fortes, d’institutions fortes, de lois fortes et d’une
constitution forte. Quand ces affaires sont en ordre, les choses
peuvent aller vite.
Regardez le Brésil: pendant plus de cinquante ans, il y a eu une
corruption énorme. Maintenant il y a toujours de la corruption. Mais
beaucoup moins. En effet : les autorités sont en mesure de remédier
aux besoins de la population. Ce que nous voulons réaliser au Congo,
n’est pas vraiment impossible. Nous voulons remplacer les potentats
omnipuissants par un groupe de dirigeants démocratiquement élus qui
partagent l’idée que la chose publique est quelque chose de sacré,
quelque chose qu’il faut traiter avec responsabilité. Les dirigeants
congolais doivent cesser de mélanger leurs propres problèmes avec ceux
de l’Etat. Nous ne pouvons pas continuer à vivre dans cette jungle de
la corruption.
Koen Vidal :
Beaucoup de gens diront que votre vision est extrêmement utopique?
Vital Kamerhe :
Mais pas du tout. Il s’agit d’un projet réaliste et concret. J’aime
bien utiliser l’image de la locomotive forte et des wagons qui
suivent. Dans la locomotive se trouvent les machinistes qui sont
assistés par des techniciens. Le rôle de chacun est clair, tout le
monde doit collaborer. Cette locomotive tire les wagons. Le machiniste
et le techniciens doivent veiller à ce que tout le monde reste à bord
et que tous les passagers puissent arriver au terminus, aussi les
femmes et les jeunes. Inévitablement vous aurez des passages de
première et de deuxième classe. Je consente à ce que ceux de première
classe mangent du caviar, aussi longtemps que ceux de 2ème classe eux
aussi puissent voyager avec un certain confort. Pour m’exprimer de
façon claire : nous devons veiller à ce que les congolais les plus
pauvres aient aussi accès à la nourriture, l’eau, la santé,
l’enseignement, l’électricité et le logement. Ça, c’est vraiment le
minimum. Une société est habitée aussi bien par des riches, des gens à
revenu moyen et des pauvres. Les plus pauvres aussi ont droit à une
vie humaine et doivent recevoir des chances. S’ils ne le peuvent pas
faire eux même, alors l’Etat doit leur venir en aide. C’est cela le
modèle de société que je défends.
Koen Vidal :
Comment le président Kabila et son inner circle vous regardent-ils ?
Vital Kamerhe :
Le combat que je mène n’est pas un combat contre des individus, ce
n’est pas un combat contre Joseph Kabila et même pas contre son
entourage. Moi je mène un combat pour la restauration des valeurs
républicaines et morales. Pour la démocratie et contre les
institutions parallèles. C’est possible que cette lutte menace le
président Kabila et ses confidents. Mais alors cela ne serait qu’une
conséquence indirecte. Les individus ne m’intéressent pas tellement.
Koen Vidal :
Ne craignez-vous pas que Joseph Kabila considère votre initiative
comme une attaque personnelle ?
Vital Kamerhe :
Voyez, quand Lula Da Silva a posé sa candidature pour la présidence,
tout le monde voulait le bloquer. Mais cela n'a pas réussi. Pourquoi?
Parce qu'il avait le peuple derrière lui. Absolument rien ne peut
aller à l'encontre de la volonté du peuple. Je suis convaincu que
l'immense majorité des Congolais partagent mon analyse. La politique
actuelle est catastrophique: des contrats pour plusieurs milliards de
dollars sont arrangés sous la table, à gauche et à droite on donne et
on reçoit des pourboires énormes, des accords avec des entreprises
internationales sont signés un jour et le lendemain ils sont déjà
révoqués. C'est inacceptable. De cette manière vraiment on ne peut pas
gérer un état. C'est de la légèreté.

Koen Vidal :
Pensez-vous que le régime actuel veut organiser des élections
honnêtes? Et si Kabila perd, acceptera-t-il la défaite ?
Vital Kamerhe :
Il faut éviter qu'un candidat puisse s'arranger pour que le résultat
lui plaise. D'abord nous devons œuvrer pour que le président Kabila le
mois prochain ne magouille pas avec la Constitution. Ainsi il a déjà
proposé de supprimer le deuxième tour  des élections présidentielles.
Ceci signifierait que le candidat qui gagne au premier tour avec 15%
des voix, automatiquement sera président. Apparemment Kabila se rend
compte que le bilan de sa gestion est tellement catastrophique qu'il a
besoin d'une intervention chirurgicale pour pouvoir gagner. Cela a un
nom: tricherie. Une autre condition cruciale pour pouvoir organiser
des élections honnêtes, c'est que les membres de la cour
constitutionnelle ne soient pas des fidèles de Kabila. Car supposez
que Kabila perd, alors il peut contester le résultat auprès de ses
petits copains de la cour constitutionnelle.
Koen Vidal :
La situation sécuritaire au Congo est très problématique. En posant
votre candidature aux présidentielles vous prenez un grand risque
physique?
Vital Kamerhe :
C'est quelque chose sur laquelle je me fais des soucis. Mais cela ne
peut pas me décourager. C’est pour cela que je m'adresse à la force de
paix de l'ONU au Congo. Et je leur demande de veiller à ce que les
candidats aux présidentielles puissent mener leurs campagnes en
sécurité. Mais la protection de l'ONU ne sera pas suffisante.
Regardez, celui qui a peur ne pourra rien faire pour le peuple. Nous
devons avoir le courage de servir le peuple et si c'est nécessaire,
nous devons accepter le martyre.
Koen Vidal :
Mais quand même vous n'avez qu'une vie. La mort ne vous effraie-t-elle pas?
Vital Kamerhe :
Oui, j'y pense souvent et j'en parle régulièrement avec mon épouse qui
est croyante et qui prie beaucoup pour moi. Mais savez-vous, un jour
chacun de nous mourra. Un jour la mort y sera pour moi, pour Kabila,
pour tout le monde. La mort est inévitable. Peut-être elle frappera
bientôt lorsque nous allons sortir de ce restaurant. Mais si j'ai le
choix, je préfère mourir pour une cause noble. Si je suis pris
bêtement par une voiture qui passe, ma mort ne servira à rien. Mai si
je meurs pour mon pays, mon nom restera connu et beaucoup de gens
sauront que je suis mort parce que je voulais lutter pour le peuple.
Koen Vidal :
La mort du militant du droit de l'homme Floribert Chebeya au début du
mois de juin ne vous a-t-elle pas rendu plus prudent?
Vital Kamerhe :
La mort de Floribert a renforcé ma conviction. Nous devons veuiller
tous à ce que sa mort ait servi à quelque chose. Comme la mort de tous
ces autres 5 millions de congolais qui ces dernières années sont morts
à cause de la violence et de la misère. La disparition de Floribert a
été une grande perte. Nous devons l'honorer en prenant les mêmes
risques que lui. Savez-vous, moi je n'ai pas peur. J'ai dépassé les
cinquante, j'ai vécu, mon enfant cadet a 11 ans. Comme chaque être
humain je veux vivre encore longtemps et je ne vais pas me dérober à
mes obligations familiales. Mais je dois reconnaître que ma décision
de participer aux élections présidentielles était aussi une décision
de m'éloigner de ma famille. Ma famille maintenant est devenue la
nation congolaise. C'est de cette façon aussi que je l'ai raconté à ma
femme et mes enfants : « Il ne faut jamais m'oublier mais de temps à
autre vous serez bien obligé de m'oublier, car désormais je
n'appartiens plus seulement à vous autres. Je dois lutter pour mon
pays ». Je sens cela fortement comme un appel. J'ai le sentiment que
les prochaines années je peux jouer un rôle pour le Congo et je vais
prendre cette responsabilité.
Koen Vidal :
Mener une campagne dans un pays géant et en désordre comme le Congo
doit coûter une fortune. D’où viennent vos fonds ?
Vital Kamerhe :
Je n’ai pas un group de riches millionnaires puissants derrière moi.
Mais ce qui est vrai, c’est que de plus en plus de Congolais
apprennent que je participe aux élections et ceci accélère très
fortement la collecte de fonds. Uniquement les dernières semaines des
milliers de gens se sont affiliées à mon parti : 150 000 membres à
Kinshasa, 37 000 à Bukavu, 35 000 au Katanga, 40 000 au Bas-Congo, 17
000 au Kasaï. Toutes ces personnes ont acheté une carte de membre et
paient une contribution. On peut comparer cela à la façon dont Barack
Obama a demandé à des millions de petites gens d’appuyer sa compagne.
Chez moi évidemment il ne s’agit pas des mêmes sommes, mais toutefois
c’est un début important. Je ne veux pas me venter, mais tout
observateur ne peut pas ne pas constater que quelque chose de spécial
est en train de se passer. Je viens de déposer ma candidature, mais ma
compagne se trouve déjà lancée. Mes supporters spontanément commencent
à faire confectionner des T-shirts avec ma photo, en autre de leur
contribution de petites gens donnent un peu d’argent. Le problème
évidemment est que le président Kabila dispose de millions et de
millions de dollars : des moyens personnels et l’argent de l’Etat. Il
peut distribuer des T-shirts, de la bière et beaucoup d’autres cadeaux
à la population. Nous n’avons pas l’argent pour faire cela et
d’ailleurs nous ne voulons pas faire de telles choses. Au contraire :
nous voulons mettre radicalement fin à cette façon de mener campagne.
Dans notre campagne nous allons demander d’émettre un vote utile. Et
nous allons faire un grand effort pour que les gens sachent très bien
que le vote est secret et qu’aucune corruption, de la part de
n’importe quelle personne, ne peut être efficace. ‘’Acceptez tous les
cadeaux de nos concurrents, sera notre message, mais une fois que vous
serez dans la cabine de vote, personne ne pourra vous contrôler. Alors
votez utile, votez pour nous’’.
Koen Vidal :
Les derniers mois vous avez forgé une alliance avec d’autres
dirigeants de l’opposition comme Etienne Tshisekedi et Jean Pierre
Bemba. Quel est le but de cette alliance ?
Vital Kamerhe :
Avec ce triangle nucléaire Tshisekedi-Bemba-Kamerhe nous pourrons
obtenir des scores élevés dans beaucoup de régions du pays. Tshisekedi
est l’homme du centre du pays, Bemba contrôle la province de
l’Equateur et moi je suis fort dans l’Est. Kinshasa aussi est pour
nous. Nous devons nous rendre compte que cette lutte en est une pour
le changement et si nous n’allions pas nos forces, ce changement
n’aura jamais lui. Mais je dois vous dire : à l’heure actuelle
l’alliance va très bien. Très, Très bien !
Koen Vidal :
La Cour Pénale Internationale poursuit maintenant Jean-Pierre Bemba
pour des crimes contre l’humanité. N’est-ce pas très délicat de
conclure à ce moment une alliance avec lui ?
Vital Kamerhe :
L’influence de Bemba en Equateur reste très grande. C’est logique que
moi en tant que dirigeant d’opposition  tienne compte de cela. Mais
surtout ce n’est pas normal que Bemba soit le seul poids lourd
politique en prison. En outre, je ne comprends pas très bien pourquoi
la Cour dans certains dossiers n’arrête que des Congolais. Comme s’il
n’y avait des criminels qu’au Congo. Il faut reconnaitre que cette
attitude constitue un problème. La justice doit appliquer les mêmes
normes à chacun. Pour cette raison moi et mon parti considérons qu’il
vaudrait mieux de mettre Bemba en liberté. La démocratie au Congo
souffre de son absence. J’espère qu’il peut rentrer à Kinshasa pour
qu’il puisse jouer son rôle démocratique.
Koen Vidal :
Contrairement à d’autres personnalités congolaises vous n’avez jamais
été un chef de guerre. Vous êtes surtout connu comme négociateur de
paix. Cette image de colombe de paix vous donne-t-il beaucoup
d’avantages par rapport à vos adversaires ?
Vital Kamerhe :
C’est un aspect très important. Des chefs de guerre et des hommes
politiques ont une autre version. C’est ainsi que moi je considère les
armes en premier lieu comme un instrument de dissuasion, mais en aucun
cas comme un moyen pour conquérir le pouvoir. A ma grande inquiétude
je dois constater que ces derniers moi beaucoup d’armes entrent au
Congo. Avez-vous vu combien de nouveau matériel a été montré au défilé
du 50ème anniversaire de l’indépendance ? Et cela, ce n’était qu’une
partie de ce qui avait été importé. A ce sujet nous nous pausons
beaucoup de questions. Toutes ces armes : à quoi seront-elles
utilisées ?
Koen Vidal :
Votre pays à l’heure actuelle a des relations privilégiées avec la
chine. En échange de grands travaux d’infrastructure la chine peut
accéder aux richesses du sous-sol congolais. Que trouvez-vous de cette
relation ?
Vital Kamerhe :
Dans chaque relation bilatérale les partenaires eux-mêmes doivent
décider où se trouvent leurs priorités et de quelle manière ils
peuvent tirer profit d’un contrat. Les Chinois savaient très bien ce
qu’ils étaient en train de faire et ce qu’ils avaient à gagner. Mais
du côté congolais nous devons nous demander ce que, en réalité, nous
avons perdu et gagné dans ce deal. Si ce deal a connu une mauvaise
issue pour nous, c’est parce que le Parlement congolais n’a pas été
impliqué dans tout le processus.
Koen Vidal :
Si vous devenez président, vous renégocieriez le contrat chinois de
milliards de dollars ?
Vital Kamerhe :
Je ne veux pas renégociez mais le Congo ne peut pas payer un prix
démesuré pour ces travaux d’infrastructure. Le prix de tous ces
travaux publiés doit être conforme au prix du marché international. Et
nous devons vérifier si les écoles, hôpitaux et universités que les
chinois devaient construire selon le contrat, ont vraiment été
construites. Et nous devons demander aux Chinois pourquoi certaines
parties du contrat n’ont pas été réalisées. Ce qui est important c’est
de savoir que le Congo a besoin de collaborer avec le monde entier,
pas uniquement avec les Chinois. Le Congo est un chantier énorme où
chacun peut prendre sa place. Mais le pays appartient en premier lieu
aux Congolais eux-mêmes. Si des étrangers viennent dans notre pays,
ils ne doivent pas penser que chez nous c’est un Eldorado où l’on peut
se servir librement. Ils devront collaborer avec nous d’une façon qui
crée aussi des avantages pour les Congolais : une situation Win-Win.
Koen Vidal :
Le président rwandais Paul Kagame reste une figure clé dans la région
des Grands Lacs. Est-il prêt à s’impliquer dans votre projet ?
Vital Kamerhe :
Je ne crois pas qu’il est déjà prêt. Mais la communauté internationale
dispose des leviers pour que Kagame soit obligé de participer à la
pacification de la région. Le Rwanda n’est pas vivable sans l’aide au
développement de l’occident. Fermez le robinet et Kagame négociera. Si
Kagame pense que je constitue un danger pour lui, il se trompe. Je
suis un très grand partisan de coopération régionale. Par exemple nous
pourrions  exploiter ensemble le gaz méthane du lac Kivu. Nous
pourrions nous inspirer de la façon dent l’Allemagne et la France
après la 2ème guerre mondiale ont commencé à collaborer dans les
domaines du charbon et de l’acier. D’ailleurs je veux de bonnes
relations avec tous nos pays voisins : le Burundi, la Tanzanie ,
l’Angola, l’Ouganda. Nous avons neuf voisins ; la meilleure façon de
sécuriser le Congo, c’est d’établir de bonnes relations avec tous ces
pays.
Koen Vidal :
Mais cette révolution paisible est-elle possible ? Pensez-vous qu’il y
a assez de dirigeants congolais capables et honnêtes pour réaliser
votre rêve ?
Vital Kamerhe :
Mais bien sûr. Je ne suis plus le seul Congolais qui ait des cerveaux
et de bonnes intentions. Nombreux sont les Congolais qui veulent un
meilleur avenir pour leurs pays. Beaucoup parmi eux habitent à
l’étranger : l’Europe, le Canada, les Etats-Unis, etc.… des que nous
aurons réussi à établir l’Etat de droit au Congo, tous ce gens
rentreront au pays. Car ne vous trompez pas : si nous mettons de
l’ordre au Congo, ce sera le meilleur pays du monde. Je dis même plus
: tout le monde voudra passer ses vacances chez nous.  Ne riez pas, je
suis sérieux. Existe-t-il un pays plus beau que le Congo ? Chez nous
on a tout. Si vous aimez les températures chaudes, il faut aller à
Kinshasa ; si vous trouvez qu’il fait trop chaud, allez à Kisangani ;
ceux qui veulent un climat plus frais peuvent allez aux Kivus. Ceux
qui veulent nager : le fleuve Congo et les lacs. Ceux qui veulent voir
des animaux sauvages : le parc nationaux. Nous avons vraiment tout :
des montagnes, des volcans. Tout, tout, tout. C’est un pays
merveilleux. C’est un paradis que nous avons transformé en enfer.
C’est le paradoxe congolais. Le Congo est un pays fantastique, avec un
peuple fantastique mais avec des dirigeants qui depuis 1960 ont
surtout pensé à eux-mêmes. Cela doit changer. De préférence le plus
vite possible. Les élections de l’an prochain constituent une
possibilité pour réaliser ce changement. 2011 : que le meilleur
candidat à la présidence gagne. C’est tout.
Cadre dans l’article de Koen Vidal
Qui est Vital Kamerhe ?
1.      Il est né à Bukavu (Est du Congo) en 1959 ;
2.      La semaine passée il a introduit définitivement sa
candidature pour les élections présidentielles de 2011 ;
3.      Il est le dirigeant d’un nouveau parti : l’Union pour la
Nation Congolaise  ;
4.      Ancien président du parlement congolais ;
5.      Jusque l’année passée confident du président actuel Joseph
Kabila. Il a conduit Kabila en 2006 à une victoire électorale ;
6.      Kamerhe n’a pas accepté que le Parlement ne fût pas impliqué
dans la décision de mener avec le Rwanda des actions militaires dans
l’Est du Congo. Au printemps 2009 on l’a obligé à donner sa démission
comme président du Parlement ;
7.      Il maitrise les 4 longues nationales : Swahili, Lingala,
Kikongo et Tshiluba. Ainsi il a un avantage concurrentiel sur Kabila
que ne parle que le Swahili ;
8.      Il a étudié l’économie et a enseigné. Entre 1992 et 1997 la
fin de la période Mobutu il était conseiller de plusieurs ministres ;
9.      Apres la prise de pouvoir de Laurent-Désiré Kabila (1997) il
devient membre éminent du cabinet du ministre de la reconstruction.
Par après il jouera un rôle dirigeant lors de négociations qui ont mis
fin aux guerres congolaises (1996 – 2003). Ce rôle lui a procuré
beaucoup de respect sur ce plan international, de la popularité et le
surnom ‘’le Pacificateur’.

Le Contrat Chinois Congolais

Publié le 10/08/2010 à 15:32 par celestinmugisho
Les contrats chinois en République Démocratique du Congo : Un nouvel ordre économique pour l’Afrique ? L’accord-prêt signé entre la République Populaire de Chine et la République Démocratique du Congo, sa nature particulière et son ampleur (quelques 8.5 milliards de dollars), l’indignation qu’il suscite en Occident, l’expansion que connaît la pénétration économique de la Chine en Afrique, constitueraient-ils des prémices annonciateurs d’un bouleversement dans l’ordre économique (et politique) imposé jusqu’à présent au continent africain ? Lundi 26 Mai 2008 Qu’un Kabila soit allé négocier, à l’insu et sans l’accord de ses soutiens occidentaux, ce qu’un homme d’affaires de Kinshasa s’est empressé de qualifier de « mise en application d’un plan Marchal que d’autres ont toujours refusé à l’Afrique et que les Chinois sont aujourd’hui capables de réaliser seuls », est sans nul doute révélateur d’une évolution des rapports qui ne trompe pas. Sûrement, on rétorquera que pendant la guerre froide des dirigeants africains ont souvent eu à flirter avec l’un ou l’autre bloc. Il est évident qu’à l’époque, ces revirements, souvent démarchés par les blocs eux-mêmes, étaient plus idéologiques qu’économiques. Car même les plus « marxistes » des pays africains n’ont pas échappé au diktat du FMI, de la Banque Mondiale ou du Club de Paris. C’est pourquoi dans ce monde de l’après mur de Berlin, il n’est pas anodin dans l’affaire congolaise d’entendre le Ministre des Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction, dans sa défense des « contrats chinois » devant l’Assemblée Nationale, assumer : « C’est nous qui sommes allés vers les Chinois pour leur proposer d’entrer en négociation avec l’Etat congolais. Ce ne sont pas les Chinois qui sont venus nous dire qu’ils avaient besoin de cuivre ». Que l’on se trouve dans ce cas devant seulement une indignation des pays occidents, des conseils intéressés du FMI et de la Banque Mondiale, doit également être révélateur d’une époque qui s’éloigne. En effet dans l’affaire des contrats chinois et dans la sorte de dialogue des sourds qui s’installe, les arguments des sociétés occidentales semblent de plus en plus courts. Elles disent que la RDC s’expose aux risques d’un profond surendettement et d’un grand déséquilibre macro-économique. Les Congolais disent : « il ne s’agit pas d’un prêt et mais d’un troc ». Les Chinois apportent de l’argent frais. Ils nous construisent des infrastructures (routes, chemins de fer, hôpitaux, écoles). Ils relancent notre industrie minière. Et, surtout, ils font se qu’ils disent et se paient en minerais qui dorment dans notre sous-sol. Les Occidentaux disent : « les Chinois agissent sans transparence, sans concertation avec d’autres partenaires et dans l’ignorance des règles qui régissent les rapports économiques internationaux ». Ils les accusent d’ignorer les conditionnalités de bonne gouvernance et de respect des droits de l’Homme, de risquer d’aggraver la corruption au Congo en apportant tant de fonds. Ils attirent notamment l’attention des Congolais sur le fait que les contrats léonins des Chinois n’apporteront pratiquement rien à l’Etat et aux populations congolaises. Les Chinois disent qu’en la matière, les Occidentaux n’ont pas de leçons à donner. Les Congolais pour leur part, conscients que la manifestation de mauvaise humeur de leurs partenaires traditionnels est due au fait qu’on les oblige aujourd’hui à « partager le gâteau », répètent à satiété qu’il y a au Congo de la place pour tout le monde. Ils démontrent qu’aux termes de ces contrats, l’argent frais des Chinois ne circulera pas et donc ne pourra pas aggraver la corruption. En tout état des causes, les Congolais sont obligés de constater que les 12 à 15 milliards de dollars d’endettement de la part de leurs partenaires traditionnels dont ils sont accablés depuis quarante ans, n’ont rien apporté ni à l’Etat ni au peuple congolais. Et à propos de la transparence dans la signature des contrats, les observateurs peuvent constater que non seulement le gouvernement congolais a été emmené à mettre en place une Commission interministérielle de « revisitation » des contrats miniers, signés avec l’accord de la Banque Mondiale depuis 1997, mais surtout que les conclusions de cette commission sont accablantes pour les entreprises occidentales, qui auraient profité de la faiblesse de l’Etat congolais et de la corruption de ses cadres pour le « flouer dans les différents partenariats » : closes d’exclusivité de la commercialisation des produits pour les multinationales, extension des concessions et recul de la participation congolaise dans la gestion, non imposition (certaines ont négocié des conditions d’amnistie fiscale de 20 à 30 ans), des miettes versées à l’Etat congolais ( en 2007, deux sociétés minières, BHP Billton et Rio Tinto, ont réalisé respectivement des profits de 13,496 millions et 7,746 millions. Au cours de la même période, les quelques 60 sociétés minières opérant au Congo ont versé 26,7 millions de taxes), etc. La commission recommande tout simplement la résiliation ou la renégociation. Les observateurs peuvent également se rendre compte de ce que sur la trentaine des contrats signés avec la Gécamines, cinq seulement sont arrivés au stade de production et que la plupart des autres sont versés dans des spéculations boursières dans le monde, où les heureuses entreprises continuent à amasser des millions. Aussi, en matière de transparence et de corruption, la leçon des sociétés occidentales s’avère de plus en plus difficile à tenir. Récemment, un quotidien de Kinshasa révélait l’existence d’un rapport du Département de l’intégrité institutionnelle de la BM sur la gestion des projets de la Banque Mondiale en RDC, longtemps gardé secret, qui met à jour une parfaite anthologie de malversations : neutralisation de contrôles, trafic d’influence, persécution des gêneurs, organisation des comptabilités opaques et incontrôlables, falsification des rapports, dissimulation d’audits, utilisations inappropriées des fonds, recrutement irrégulier des consultants complaisants, contrats irréguliers pour des dizaines de millions des dollars, etc. Par ailleurs, dans ce pays détruit par trente années de dictature et une longue guerre, où les partenaires ont bien voulu dépenser 450 millions pour la tenue en 2006 d’élections démocratiques, 20 à 30 % seulement des mirobolantes promesses de financement ont été tenues. De quelques 750 millions d’euros promis par l’Union Européenne pour 2007, par exemple, 250 sont parvenus à l’Etat congolais. 40 % de ce montant étaient affectés aux salaires et aux frais de fonctionnement. Devant tout cela, il n’est pas étonnant que le ministre congolais qualifie le partenariat avec la Chine de « contrat modèle », qu’il se réjouisse de voir son pays bénéficier d’un financement dont le volume n’a jamais été atteint depuis l’indépendance, et qui va permettre la reconfiguration, l’implantation et la restauration des infrastructures de base, assurant ainsi la relance des activités agricoles, minières, industrielles et la mobilité des biens et des personnes. Au-delà du cas congolais, il est aujourd’hui de notoriété publique que les « contrats modèles » chinois, surtout le « troc » contre les matières premières et l’argent frais en milliards, essaiment un peu partout en Afrique : dans l’industrie pétrolière en Algérie, en Angola, au Gabon, au Nigéria, au Soudan ; dans les mines au Niger, en Zambie ; au Zimbabwe, au Sénégal. La question que l’on peut légitimement se poser est celle de savoir si les bouleversements qui s’opèrent sous nos yeux se réaliseront encore une fois sans la participation (active, consciente et concertée) des Africains. Où est la voix de l’Afrique dans le débat, mieux la dispute concernant les matières premières africaines, qui s’installe entre la Chine, première puissance économique mondiale dans 20 ans, et les Occidentaux ? Le temps n’est-il pas venu pour que, sans peut-être aller jusqu’au geste audacieux des pays de l’Amérique latine qui ont décidé de rompre avec la Banque Mondiale, le FMI et la Banque Interaméricaine de Développement en créant la Banque du Sud, l’Afrique prenne au moins l’initiative d’un débat sur la valeur de ses matières premières dans l’économie mondiale ? Lundi 26 Mai 2008

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Publié le 16/06/2010 à 13:38 par celestinmugisho Tags : respect des biens communautaire
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Ce blog a été créé dans le but de promouvoir et siccité les jeunes à s’intéresser de la situation socio développementale de leur communauté dans laquelle ils vivent.

Sous mon initiative propre, ce blog est le fruit du travail de ma lutte de tous les jours, celle la conscientiser les que cet eux qui sont la clé du développement.

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Je me nomme Mr Célestin MUGISHO DUNIA,

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Natif du sud kivu à Bukavu,

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